Fantin-Latour, à fleur de peau au musée du Luxembourg

fantin-latourDe la perfection des natures mortes au symbolisme

14 septembre 2016 – 12 février 2017
Musée du Luxembourg
19 rue Vaugirard, 75006 Paris

Henri Fantin Latour (1836-1904) est fils de peintre; il prendra ses premières leçons de peinture à l’âge de 10 ans avec son père Jean-Théodore Fantin Latour.

A 14 ans, il entre au Cours d’Horace de Boisbaudran.

Puis c’est l’École des Beaux-arts, dont il est renvoyé au bout de trois mois faute de progrès !

Belle exposition, réunissant 123 œuvres et 15 documents d’archives.

La première partie de l’exposition est surtout consacrée à de petits autoportraits de jeunesse, ensuite il y a ses merveilleuses natures mortes, l’oeuvre gravé, des portraits, des nus.

Fantin-Latour, personnage complexe, renfermé et solitaire, n’adhère pas à l’impressionnisme, même si ce mouvement n’est pas totalement absent du style de ses natures mortes. Il peint aussi des portraits de groupes, comme son « Hommage à Delacroix » ou « Coin de table » dans lequel il représente Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Elzéar Bonnier, Léon Valade, Emile Blémont, Jean Aicart, Ernest d’Hervilly, Camille Pelletan

Il lui arrive de se servir de photos, comme d’une prise de notes, notamment pour s’aider dans la réalisation de ses nus.

La dernière partie de l’expo est intitulée « Je me fais plaisir ». C’est quand il laisse libre cour à son imagination qu’il  se fait plaisir avec des œuvres teintées de symbolisme, de mythologie, et d’illustration de grands opéras.

Ci-dessous, un petit diaporama « pris sur le vif » :

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La vidéo de la RMN :

 

 

chronologie par Laure Dalon (extraits du catalogue)

1836 Naissance à Grenoble, le 14 janvier, d’Ignace Henri Jean-Théodore Fantin-Latour, fils de Jean- Théodore Fantin-Latour (1805-1875), artiste peintre, et d’Hélène de Naidenoff (1814-1867), fille adoptive de la comtesse Zoloff.

1837 Naissance de Marie Fantin-Latour (1837-1901).

1838 Naissance de Nathalie Fantin-Latour (1838-1903).

1841 Installation de la famille à Paris, au 1, rue du Dragon, à proximité de l’église Saint-Germain.

1846 Premières leçons de dessin dispensées par Jean-Théodore Fantin-Latour à son fils.

1850 Entrée d’Henri Fantin-Latour au cours du soir de la prestigieuse École impériale spéciale de dessin et
de mathématiques dite « Petite école », rue de l’École-de-Médecine, avant l’âge habituellement requis de 15
ans. Cours d’Horace Lecoq de Boisbaudran ; découverte d’un enseignement fondé sur la mémoire visuelle,
qu’il suit jusqu’en 1854.

1851 Entrée dans l’atelier personnel de Lecoq de Boisbaudran, quai des Grands-Augustins. Rencontre
avec ses premiers amis artistes : Charles Cuisin, Guillaume Régamey, Léon Ottin, François Bonvin, Félix
Bracquemond.

1852 Première copie au Louvre.

1854 Entrée à l’École des beaux-arts, dont il est renvoyé au bout de trois mois faute de progrès. Rencontre avec Edgar Degas et Alphonse Legros. Le Songe, première composition d’imagination.

1855 Exposition universelle de Paris ; visite du « pavillon du réalisme » de Gustave Courbet.

1857 Rencontre avec Édouard Manet, qui lui inspire une admiration profonde. Rencontre avec Otto Scholderer, peintre allemand qui lui fait découvrir la musique germanique et avec qui il entretient une longue correspondance jusqu’au décès de Scholderer en 1902. Rencontre avec James Mac Neill Whistler, qui devient l’un de ses plus proches amis.

1858 Formation de la Société des trois avec Whistler et Legros.

1859 Refus de ses trois premiers envois pour le Salon. Premier séjour en Angleterre. Rencontre avec Edwin Edwards, qui devient son marchand outre-Manche. Internement de sa soeur Nathalie à l’asile psychiatrique de Charenton.

1860 Extraits de Tannhäuser, de Lohengrin, de Tristan et Iseult et du Vaisseau fantôme de Richard Wagner joués lors de trois concerts donnés au théâtre des Italiens.

1861 Première participation au Salon. Deuxième séjour en Angleterre ; approfondissement des liens personnels et professionnels avec le couple Edwards. Passage de quelques mois dans l’atelier de Gustave Courbet. Scandale provoqué par la présentation à l’Opéra de Tannhäuser de Richard Wagner, annulation de la dernière des quatre représentations à laquelle Fantin devait assister.

1862 Première exposition à la Royal Academy de Londres, témoignage de son implantation outre-Manche. Fondation de la Société des aquafortistes, dont il est l’un des premiers membres. Premières lithographies.

1863 Rencontre avec Pierre-Auguste Renoir, Claude Monet et Frédéric Bazille. Salon des refusés, où il expose deux tableaux.

1864 Présentation au Salon de l’Hommage à Delacroix et de Scène de Tannhäuser. Troisième séjour en Angleterre.

1865 Rencontre avec Edmond Maître, wagnérien de la première heure comme lui, qui devient l’un de ses plus proches amis. Destruction du Toast après sa présentation et sa réception mitigée au Salon.

1866 Rencontre au Louvre avec Victoria Dubourg, sa future épouse. Mariage de sa soeur Marie, qui part pour la Pologne avec son époux. Première présentation d’une nature morte au Salon.

1867 Mort de la mère de l’artiste.

1869 Fiançailles avec Victoria Dubourg.

1872 Intérêt du marchand Paul Durand-Ruel, qui lui achète notamment Coin de table après sa présentation au Salon.

1873 Recherches pour un hommage peint à Robert Schumann, finalement inabouti.

1874 Première exposition des impressionnistes, vis-à-vis desquels Fantin se montre très critique.

1875 Mort du père de l’artiste. Médaille de 2e classe au Salon pour le Portrait de M. et Mme Edwards, qui le place désormais hors concours.

1876 Voyage à Bayreuth, découverte de l’« art total » prôné par Richard Wagner qui l’impressionne et l’influence profondément. L’Anniversaire, hommage à Berlioz, la plus ambitieuse des compositions d’imagination de Fantin. Mariage avec Victoria Dubourg.

1878 Premier séjour à Buré, dans l’Orne, chez l’oncle de Victoria.

1879 Chevalier de la Légion d’honneur. Mort d’Edwin Edwards, dont la veuve reprend les affaires, notamment la collaboration avec Fantin-Latour.

1880 Héritage de la maison de Buré, où le couple séjourne dès lors tous les étés.

1881 Élection comme membre du jury du Salon. Quatrième séjour en Angleterre.

1885 Participation à la deuxième exposition des XX à Bruxelles. Exposition au Salon de son dernier portrait de groupe, Autour du piano.

1886 Réalisation de quatorze lithographies pour l’illustration de Richard Wagner, sa vie, ses oeuvres, d’Adolphe Jullien. Collaboration avec Gustave Tempelaere, qui devient son marchand.

1888 Réalisation des lithographies illustrant Hector Berlioz, sa vie, ses oeuvres, d’Adolphe Jullien.

1892 Entrée dans les collections publiques : achat par l’État d’Un atelier aux Batignolles, par la Ville de Paris d’Hélène.

1892 Publication de la première partie du catalogue de l’oeuvre gravé de Fantin, établi par Germain Hédiard.

1899 Dernière exposition au Salon. Don de tout son oeuvre gravé au Musée du Luxembourg et d’un ensemble important de lithographies au musée de Grenoble.

1900 Officier de la Légion d’honneur. Dernière exposition à la Royal Academy de Londres.

1901 Organisation d’une exposition consacrée à son oeuvre graphique par la galerie Tempelaere.

1904 Mort à Buré le 25 août, obsèques célébrées à Saint-Germain-des-Prés, inhumation au cimetière Montparnasse.

1905 Exposition-vente de l’atelier (95 numéros, dont 9 dessins). Donations très importantes consenties au Musée du Luxembourg et au musée de Grenoble. Donation au palais des Beaux-Arts de Lille, au musée Fabre de Montpellier, au musée des Beaux-Arts de Nantes… Donation de la presque intégralité de l’oeuvre gravé de Fantin à la Bibliothèque nationale de France.

1906 Exposition rétrospective à l’École des beaux-arts.

1909 Parution de Fantin-Latour. Sa vie et ses amitiés, d’Adolphe Jullien.

1911 Parution du Catalogue de l’oeuvre complet de Fantin-Latour par Victoria Fantin-Latour.

1921 Legs de Victoria Fantin-Latour sous réserve d’usufruit d’oeuvres, d’objets et de souvenirs en lien avec l’oeuvre de son mari au musée de Grenoble.

1926 Mort de Victoria Fantin-Latour à Buré.

 

 

14 septembre 2016 – 12 février 2017
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