Mexique 1900-1950 au Grand Palais : une incroyable richesse

Rosa Rolanda (1898-1970) Autoportrait vers 1945 Gouache sur papier Collection Andrés Blaisten

Rosa Rolanda (1898-1970)
Autoportrait vers 1945

Mexique 1900 – 1950 Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes

Sur 50 ans de peinture au Mexique, nous découvrons ici une exposition d’une richesse incroyable, aussi bien  sur le plan de la création que de l’inventivité.

202 œuvres de 64 artistes sont présentées au Grand-palais, dont quelques sculptures et majoritairement des tableaux.

Bien sûr, on y voit les époux Frida Kahlo et Diego Riviera, mais pas seulement, loin de là (voir ci-dessous la liste exhaustive des artistes de l’exposition).

Il y a de nombreux grands peintres, plus ou moins connus… dont chacun mériterait une exposition et dont voici un petit florilège, dans le diaporama ci-dessous :

 

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Toute l’exposition et toute la vie de ces peintres tournent autour de la révolution mexicaine, de la guerre civile et des malheurs qui frappèrent ce pays. D’ailleurs, Frida Kahlo, par exemple, militante communiste était très active politiquement.

Et ces peintures cachent souvent une certaine violence, exprimée ou non, violence faite à l’homme notamment, « Le Christ détruisant sa croix » de José Clemente Orozco (1883-1949) en étant assez emblématique, ainsi que des toiles montrant des paysans malheureux, des révolutionnaires en armes, etc.

Il y a aussi quelques extraits de films sur grand écran, montrant des scènes très dures…

 

Liste exhaustive des 64 artistes exposés

Ramón Alva de la Canal, Lola Álvarez Bravo, Manuel Álvarez Bravo, Abraham Ángel, Carlos Bracho, Ramón Cano Manilla, Leonora Carrington, Julio Castellanos, Jean Charlot, Miguel Covarrubias, Juan Cruz Reyes, Germán Cueto, Lola Cueto, Minerva Cuevas, Amado de la Cueva, Francisco Díaz de León, Francisco Eppens Helguera, Gabriel Fernández Ledesma, Alberto Garduño, Mathias Goeritz, Francisco Goitia, Jorge González Camarena, José Guadalupe Posada, Saturnino Herrán, José Horna, María Izquierdo, José María Jara, Frida Kahlo, Agustín Lazo, Rafael Lozano-Hemmer, Mardonio Magaña, Francisco Arturo Marín, Luis Martínez, Oliverio Martínez, Carlos Mérida, Alfonso Michel, Tina Modotti, Roberto Montenegro, Gerardo Murillo dit Dr. Atl, Ezequiel Negrete Lira, Juan O’Gorman, Nahui Olin, Gabriel Orozco, José Clemente Orozco, Luis Ortiz Monasterio, Wolfgang Paalen, Alice Rahon, Fermín Revueltas, Diego River, Manuel Rodríguez Lozano, Rosa Rolanda, Ignacio Rosas, Julio Ruelas, José L. Ruiz, Antonio Rui, Tiburcio Sánchez de la Barquera, David Alfaro Siqueiros, Juan Soriano, Rufino Tamayo, Guillermo Toussaint, Edward Weston, Ángel Zárraga y Argüelles, Marius de Zayas, Francisco Zúñiga

 

Voici la bande annonce de cette exposition :

 

chronologie (source RMN)

1876-1911
Présidence de Porfirio Díaz, qui exerce son mandat en réel dictateur. Il dirige le pays durant plus de trente ans, de manière quasi continue, sous la devise « l’ordre et progrès ». Ces idées sont au coeur de son règne, qui repose sur une pensée positiviste, axée sur l’Europe et fondée sur un déséquilibre entre les différentes classes sociales.

1907
Diego Rivera embarque pour son voyage en Europe, encouragé par le gouverneur de Veracruz, Teodoro Dehesa.
Marius de Zayas part pour les États-Unis, après avoir reçu des menaces du gouvernement porfiriste pour ses publications antigouvernementales. À New York, il fait la connaissance du galeriste et photographe Alfred Stieglitz. Ce dernier possédait déjà ses Little Galleries of the Photo-Secession, qui prennent le nom de galerie 291 et s’ouvrent cette même année à d’autres formes d’art que la photographie.
Julio Ruelas meurt à Paris.

1910
Diego Rivera participe à la 16e Exposition de la Société des artistes indépendants à Paris. Il revient au Mexique en novembre, pour une brève période, afin d’exposer à l’École nationale des beaux-arts (ENBA).
Marius de Zayas se rend à Paris à la recherche d’artistes qui voudraient exposer à la galerie 291; il reste un an en Europe. À partir de ce voyage, Zayas promeut Pablo Picasso, le cubisme et l’art africain aux États- Unis.
Exposition de peinture mexicaine à l’ENBA, organisée par Dr. Atl et soutenue par Justo Sierra, Ministro de Instrucción Pública y Bellas Artes, pour la célébration du centenaire de l’Indépendance. Cette exposition se veut une réponse des artistes contemporains du Mexique à l’exposition de peinture espagnole décidée par le gouvernement de Porfirio Díaz.
Le 20 novembre, début de la révolution mexicaine avec des soulèvements armés dans toute la République.
La Révolution ne se fonde pas sur une idéologie centralisée homogène, elle est plutôt déclenchée par la réélection de Porfirio Díaz. Certains luttent pour une répartition équitable des terres, d’autres pour des salaires décents, tandis qu’un troisième groupe, proche de Díaz, se bat pour diriger le pays. Ce dernier groupe se sent trahi lorsque Díaz n’honore pas sa promesse de quitter le pouvoir à la fin de son dernier mandat, en 1910.

1911
Mouvement de grève à l’ENBA, mené par Dr. Atl, contre le directeur Antonio Rivas Mercado et la méthode d’enseignement de l’ancienne académie. Neuf mois plus tard, celui-ci renonce à son poste. Après un séjour en Espagne, Ángel Zárraga s’installe à Paris et expose au Salon d’automne. Il ne reviendra pas au Mexique avant 1941.
Pancho Villa combat dans le Nord et Emiliano Zapata dans le Sud. Les caudillos sont à la tête de guérillas.
Porfirio Díaz s’exile à Paris. Il y meurt et y est enterré.
Francisco I. Madero est élu président, malgré les troubles dans le pays.
Emiliano Zapata publie le Plan d’Ayala, dans lequel il renie la présidence de Madero, qu’il accuse de trahir la cause paysanne.

1917
Proclamation de la constitution politique des États-Unis mexicains, avec la mise en place de droits sociaux, la non-réélection et la réforme agraire.

1920
Venustiano Carranza est assassiné et Álvaro Obregón arrive au pouvoir. Il nomme José Vasconcelos recteur de l’Université de Mexico. La plupart des sources situent la fin de la Révolution avec le début de la présidence d’Obregon.

1921
Le peintre français Jean Charlot s’installe au Mexique.
David Alfaro Siqueiros publie à Barcelone « Trois appels d’orientation actuelle aux peintres et sculpteurs de la nouvelle génération américaine », composés avec Diego Rivera dans la revue Vida Americana.
Diego Rivera revient au Mexique.
Plusieurs artistes peignent des fresques dans l’ancien Centre universitaire de San Pedro et San Pablo, mandatés par José Vasconcelos : Dr. Atl, Xavier Guerrero, Gabriel Fernández Ledesma et Roberto Montenegro.
Diego Rivera commence les premières ébauches de sa fresque La Création, terminée un an plus tard, dans l’amphithéâtre Bolívar de l’École nationale préparatoire (ENP). Il a comme assistants Carlos Mérida, Armando de la Cueva, Xavier Guerrero et Jean Charlot.
Manuel Maples Arce publie Actual Hoja de Vanguardia, no1, le premier « Manifeste stridentiste ». Le stridentisme fut un mouvement avant-gardiste, influencé par des tendances européennes, tant sur le plan des techniques que sur celui des idées. Il prônait la supériorité de la grande ville, l’industrie, la machine et la vie moderne.
José Vasconcelos dirige le secrétariat de l’Éducation publique (Secretaría de Educación Pública, SEP).

1922
Frida Kahlo intègre le groupe de jeunes appelé les Cachuchas et fait la connaissance de son premier compagnon, Alejandro Gómez Arias. Elle entre comme élève à l’École nationale préparatoire (ENP) où Diego Rivera peint sa fresque.
Après sa séparation d’avec Angelina Beloff qu’il avait épousée en 1909, Diego Rivera se marie en secondes
noces avec Guadalupe Marín.
Travaux à l’ENP : Jean Charlot et Fernando Leal choisissent les murs latéraux de l’escalier principal, Fermín Revueltas et Ramón Alva de la Canal peignent dans le vestibule principal et David Alfaro Siqueiros peint la voûte des escaliers du patio Chico, qui sera terminé en 1924.

1923
Diego Rivera entame sa fresque à l’École nationale d’agriculture de Chapingo, qu’il terminera en 1927. De même que ses fresques à la SEP, qu’il terminera en 1928.
José Clemente Orozco débute ses fresques à l’ENP, qu’il achèvera en 1927.
David Alfaro Siqueiros adhère au Parti communiste mexicain.
Edward Weston et Tina Modotti arrivent au Mexique.
Rédaction du manifeste de la SOTPE (Syndicat des travailleurs techniques, peintres et sculpteurs) à laquelle participent David Alfaro Siqueiros, José Clemente Orozco, Diego Rivera, Carlos Mérida et Fermín Revueltas.
Adolfo Best Maugard publie « Méthode de dessin : tradition, résurgence et évolution de l’art mexicain », un manuel qui aspire à établir une « grammaire » de l’art précolombien. Best Maugard soutenait qu’à partir de sept lignes géométriques basiques, on pouvait créer tout un répertoire d’images. Il avait pensé cette méthode comme un manuel d’enseignement.
Miguel Covarrubias, surnommé aussi « El Chamaco », s’installe à New York et commence sa collaboration avec Vanity Fair et The New Yorker.
Assassinat de Pancho Villa.

1926
Rufino Tamayo présente sa première exposition individuelle à New York à la galerie Weyhe.
Frida Kahlo est victime d’un accident de la circulation, le bus dans lequel elle voyageait en compagnie d’Alejandro Gómez Arias percute un tramway. Elle réalise son premier autoportrait, Autoportrait à la robe en velours.
Ángel Zárraga décore l’ambassade du Mexique à Paris. Terminé en 1927, l’ouvrage sera composé de dixhuit tableaux.
Commencement de la guerre des Cristeros (1926-1929), un affrontement entre l’État et l’Église à cause d’une initiative étatique visant à réduire l’influence religieuse dans les affaires civiles.

1928
En janvier, inauguration dans l’ancien couvent de la Merced, de la première exposition de l’École de sculpture, dirigée par Guillermo Ruiz et fondée en 1927.
Exposition collective « Mexican Art », organisée par Frances Flynn Plaine, promotrice de l’art mexicain aux États-Unis, à l’Art Center de New York.
En juillet apparaît le groupe ¡30-30!, autour notamment de Ramón Alva de la Canal, Ramón Cano Manilla et Fermín Revueltas, pour lutter contre l’académisme et la sacralisation de l’art. Ils lancent des techniques comme l’enregistrement, afin d’atteindre un public plus large .
Álvaro Obregón est assassiné après sa réélection, à la suite de la guerre des Cristeros.

1929
Diego Rivera commence ses fresques au Palais national de Mexico, qu’il terminera en 1935. Cette même année, il se marie avec Frida Kahlo et commence ses fresques au palais de Cortés à Cuernavaca, État de Morelos, qu’il achèvera un an plus tard.
Anita Brenner publie Ídolos tras los altares : Modern Mexican Art and its Cultural Roots (Payson & Clarke Ltd.), avec des photographies de Tina Modotti et Edward Weston.
Première exposition individuelle de María Izquierdo à la galerie d’Art moderne.

1930
Tina Modotti est accusée de l’assassinat du jeune révolutionnaire cubain exilé au Mexique Julio Antonio Mella, et peu de temps après de l’attentat contre le président Pascual Ortiz Rubio (1877-1963). Elle sera déclarée innocente dans les deux affaires, mais sera néanmoins expulsée.
Impliqué lui aussi dans l’attentat contre Pascual Ortiz Rubio, par l’intermédiaire du PCM, David Alfaro Siqueiros est envoyé à la prison Lecumberri et accusé de rébellion.
José Clemente Orozco peint la fresque Prometheus au Pomona College, en Californie, et commence ses fresques à la New School for Social Research à New York.
Diego Rivera réalise une petite fresque, intitulée Market Scene, qui figure à l’exposition collective « Mexican Art », organisée par René d’Harnoncourt pour le Metropolitan Museum of Art. Kahlo et Rivera partent pour San Francisco, où un an plus tard Rivera réalise sa première fresque aux États-Unis, Allégorie de Californie, au Luncheon Club.
María Izquierdo expose à l’Art Center, devenant ainsi la première femme mexicaine à exposer individuellement à New York.
Sergueï Eisenstein arrive au Mexique avec son assistant Grigori Alexandrov et Eduard Tissé, son opérateur, soutenus par Upton Sinclair.

1931-1932
Rétrospective de Diego Rivera au Museum of Modern Art de New York, pour laquelle il réalise cinq fresquestransportables.
José Clemente Orozco peint sa fresque au Dartmouth College, New Hampshire, qu’il terminera en 1934. Il voyage pour la première fois en Europe.
Diego Rivera commence ses travaux au Detroit Institute of Arts.
David Alfaro Siqueiros est expatrié en raison de son activité politique. À Los Angeles, il peint une fresque au Chouinard Art Institute, détruite postérieurement, et donne des cours de peinture murale. Il réalise aussi une fresque au Plaza Art Center, qui sera détruite également. Les autorités nord-américaines expulsent Siqueiros du pays, sous le prétexte que ses fresques relèvent de la propagande communiste.
Dans le cadre du projet éducatif postrévolutionnaire, la construction de trente-deux écoles publiques est décidée et lancée dans la capitale mexicaine. C’est Juan O’Gorman, architecte et peintre, qui est en charge du projet.

1933
Diego Rivera réalise la fresque Man at the crossroads au Rockefeller Center de New York. Elle sera détruite à cause de son idéologie, opposée à celle de ses propriétaires. La composition est reprise au palais des Beaux-Arts de Mexico un an plus tard.
Création de la Ligue des sculpteurs et des artistes révolutionnaires (LEAR), destinée aux artistes désireux d’agir en faveur des travailleurs. María Izquierdo devient chef de la section des Arts plastiques dans ce groupe.

1934
Diego Rivera et José Clemente Orozco réalisent des fresques au palais des Beaux-Arts.
María Izquierdo, avec le soutien de la Secretaría de l’éducation publique, organise à Guadalajara l’exposition « Affiches révolutionnaires des femmes peintres de la section des Arts plastiques, département des Beaux- Arts ». Elle donne en plus une conférence radiophonique controversée, intitulée « La femme et l’art mexicain». Lázaro Cárdenas accède à la présidence (1934-1940). Il favorise la réforme agraire, la nationalisation du pétrole et le droit d’asile pour les exilés républicains espagnols. De même que la création du Parti de la révolution mexicaine (1938), qui deviendra le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) en 1946.

1936
David Alfaro Siqueiros fonde à New York l’Experimental Workshop, a Laboratory of Modern Techniques in Art, où on expérimente de nouveaux matériels et de nouvelles techniques. Jackson Pollock y assiste.
Antonin Artaud arrive au Mexique et donne trois conférences à l’École nationale préparatoire. Durant son séjour de huit mois, il rencontrera notamment María Izquierdo, Luis Cardoza y Aragón et José Gorostiza.
Sur la recommandation de Lázaro Cárdenas, création de l’Institut polytechnique national, dédié à l’éducation et à l’investigation dans les sciences et l’ingénierie.

1938
Arrivée au Mexique d’André Breton, accompagné de son épouse Jacqueline Lamba. Rivera, Trotski et Breton se réunissent et écrivent le manifeste « Pour un art révolutionnaire indépendant ! », publié dans la revue Clave au Mexique et dans le London Bulletin.
Frida Kahlo inaugure sa première exposition personnelle à la galerie Julian Levy de New York.
Expropriation pétrolière par le gouvernement Lázaro Cárdenas.

1939
José Clemente Orozco réalise une fresque pour le Museum of Modern Art de New York, intitulée Dive Bomber. Exposition « Mexique » à la galerie Renou & Colle de Paris, présentée par André Breton, avec des oeuvres de Frida Kahlo, Manuel Álvarez Bravo et Diego Rivera, ainsi que des objets populaires.

1940
Inauguration de l’Exposition internationale du surréalisme à la galerie d’Art mexicain, organisée par André Breton, Wolfgang Paalen et César Moro.
Exposition « Twenty Centuries of Mexican Art » au Museum of Modern Art, soutenue par Nelson Rockefeller, président du musée, et le Gouvernement mexicain. L’exposition se divise en quatre sections : l’art précolombien, dont a la charge Alfonso Caso ; l’art vice-royal, sous la direction de Manuel Toussaint ; les arts populaires, sous la responsabilité de Roberto Montenegro ; et l’art moderne, que supervise Miguel Covarrubias.

1942
Première publication de la revue Dyn, fondée par Wolfgang Paalen et éditée en anglais et en français.
Voyage de l’écrivain surréaliste Benjamin Péret au Mexique.
Grâce à une bourse de la John S. Guggenheim Memorial Foundation, Jean Charlot écrit La Renaissance du muralisme mexicain. 1920-1925, publié en anglais en 1963 (Yale University Press) et traduit en espagnol en 1985 (Editorial Domés).
En mai, le Mexique déclare la guerre aux puissances de l’Axe, après l’attaque d’embarcations mexicaines dans le golfe du Mexique.

1946-1947
José Clemente Orozco reçoit le prix national des Arts plastiques.
Arrivée au Mexique du metteur en scène espagnol Luis Buñuel.
Le président Miguel Alemán déclare toutes les fresques, dans les édifices publics, patrimoine national.
Sur invitation de l’Instituto Nacional de Bellas Artes, Rivera, Orozco et Siqueiros intègrent la commission de Peinture murale.
Exposition rétrospective de Rufino Tamayo au palais des Beaux-Arts.

1949
Mort de José Clemente Orozco.
Arrivée de Mathias Goeritz au Mexique.
Jean Charlot émigre à Hawaï.
Inauguration du Salon de la plastique mexicaine.
Exposition en hommage à Rivera, « 50 ans de l’oeuvre pictural de Diego Rivera », au palais des Beaux-Arts.
L’Ateneo Español est fondé pour promouvoir la culture et la science espagnoles

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