Ferdinand Hodler, peintre symboliste

Ferdinand Hodler (1853-1918) au musée d’Orsay du 13 novembre 2007 au 3 février 2008

« Ferdinand Hodler est un grand peintre que le public français aurait aussitôt admiré, si on le lui avait appris à connaître. » a écrit Guillaume Apollinaire.

Pour nous le faire mieux connaître, le musée d’Orsay présente une exposition sur ce peintre suisse toujours aussi peu connu en France, sous la forme de 80 tableaux, une trentaine de dessins et des photos.

Ferdinand Hodler est considéré essentiellement comme un peintre symboliste.

Le « parallélisme »

Il invente ce qu’il appelle le « parallélisme » qu’il définit comme la répétition de formes, de couleurs semblables et qu’il considère comme étant une loi de la nature. Il s’agit en fait du parallélisme entre l’art et la nature.

Il écrira un livre, « La Mission de l’artiste » en 1897.

C’est « le bois des Frères » commencé vers 1885 et terminé plusieurs années après qui semble inaugurer cette notion de parallélisme :

Le bois des Frères (1885)
Huile sur toile 102 x 131 cm Soleure, Kunstmuseum Don Erica Peters-Schmidt en mémoire de son père, Rudolph Schmidt © Kunstmuseum Solothurn

Ce parallélisme est très évident aussi dans « Emotion II » où le bleu côtoie le rose et le violet !

Emotion II (1901-1902)
Huile sur toile (193 x 280,5cm) Collection particulière © Institut Suisse pour l’étude de l’art, Zurich

A partir de 1900, il se consacre plus volontiers à l’étude de la nature. Il veut démontrer le parallélisme dans la nature, et toute une série de paysages apparaissent, tel le magnifique « cerisier en fleur » :

Cerisier en fleur (vers 1905)
Huile sur toile 58,5 x 46 cm Collection particulière © Institut Suisse pour l’étude de l’art, Zurich

ou « le lac de Thoune » à la symétrie évidente :

Le lac de Thoune aux reflets (1904)
Huile sur toile 89 x 100 cm © Institut Suisse pour l’étude de l’art, Zurich

A propos de ce tableau on remarquera les pierres au premier blanc, cernées de noir, comme un dans un dessin et les montagnes bleues cernées d’un bleu plus sombre.

Portraits

Le magnifique portrait de Berthe (sa femme) montre aussi une grande méticulosité dans la technique du dessin :

Portrait de Berthe Hodler-Jacques (1898)
Huile sur toile 40 x 27 cm Collection particulière © Institut Suisse pour l’étude de l’art, Zurich

où l’on peut encore déceler les traits au crayon entre les yeux et l’axe de la tête :

Portrait de Berthe Hodler-Jacques (détail)
Huile sur toile 40 x 27 cm Collection particulière © Institut Suisse pour l’étude de l’art, Zurich

 

 

 

Et à propos des portraits, il déclare d’ailleurs :

« la ressemblance doit être entière et saisissante ».

On remarquera également la très belle « Jeune fille au pavot » :

Jeune fille au pavot (vers 1889)
Huile sur toile 65 x 40 cm Berne Kunstmuseum dépôt de la Fondation Gottfried Keller © Kunstmuseum, Bern
Hodler et la photo

 

 

 

Hodler ne s’aidera pas de la photographie pour travailler, mais il sera lui même beaucoup photographié notamment par Gertrud Dubi-Müller jusqu’à la fin. On peut voir à cette exposition une photo de lui prise la veille de sa mort et dans laquelle il semble en pleine forme (et qui ne figure pas ici) !

Gertrud Müller posant dans le jardin de l’atelier de Ferdinand Hodler
Anonyme 28,5 x 31,5 cm Winterthour S.S.P © Fotostiftung Schweiz, Winterthur

Hodler retouchant “Regards vers l’infini”
Gertrud Müller 30,4 x 39,9 cm Winterthour S.S.P © Fotostiftung Schweiz, Winterthur

Hodler peignant « Le Faucheur » sur le toit de son atelier, rue du Rhône à Genève
Photographie anonyme 1910 12,9 x 17,9 cm Winterthour SSP © Fotostiftung Schweiz, Winterthur

 

 

Hodler et la mort

Ayant perdu ses parents et ses frères et soeurs à l’âge de 14 ans, la mort lui est familière.

En 1915, il assiste à l’agonie de sa compagne, Valentine et en tire dessins et tableaux.

Valentine sur son lit de mort (1915)
Huile sur toile 65 x 81 cm Bâle, Kunstmuseum, Dépôt Rudolph-Staechelin © Kunstmuseum Basel / photo Martin Bühler

 

 

Il écrit :

« Tous les objets ont une tendance à l’horizontale (…), la montagne s’abaisse, s’arrondit par les siècles, jusqu’à ce qu’elle soit plane comme la surface de l’eau. L’eau va de plus en plus vers le centre de la terre, ainsi que tous les corps ».

Et à la fin de sa vie, il déclare :

« Plus je m’approche de la grande unité, plus je veux que mon art devienne simple et grand ».

 

 

Quelques autres citations de Ferdinand Hodler :

« la mission de l’artiste est d’exprimer l’élément éternel de la nature – la beauté ; d’en dégager la beauté essentielle. » (1)

« L’oeuvre révélera un nouvel ordre perçu des choses et sera belle par l’idée d’ensemble qu’elle dégagera. »(2)

« L’art, c’est le geste de la beauté ».

« Si j’avais encore 100 ans à vivre, je continuerais à exprimer les accords, les harmonies de l’humanité. Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise. J’ai traduit mes sympathies : une rose, un son d’orgue. L’art nous lie. Vive l’art ! (Hodler en 1918) »

« Une bonne préparation allège le travail ». (Hodler multiplie en effet les études préparatoires. On connaît 10.000 dessins et 12.000 croquis de lui !)

« Je vise à une unité puissante, à une harmonie religieuse ».

« Une oeuvre d’art doit être la synthèse de tout ce que vous avez vu et de ce que vous connaissez. On fait une nouvelle nature ».

(1)Ferdinand Hodler, « La Mission de l’artiste » 1897, première phrase. (2)Ferdinand Hodler, « La Mission de l’artiste » 1897, dernière phrase.
le 7 janvier 2008
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