« La Russie romantique » au Musée de la Vie Romantique

« La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine » Chefs-d’oeuvre de la Galerie nationale Tretiakov, Moscou dans le cadre de l’Année France – Russie 28 septembre 2010 – 16 janvier 2011

La galerie d’État Tretiakov n’est pas une galerie dans le sens où nous l’entendons en France, mais bien plutôt un grand Musée de Moscou, fondé en 1856 par Pavel Tretiakov (1832-1898), industriel et grand amateur d’art.

Ce musée possède plus de 130 000 œuvres d’artistes russes sur une période de près de 1000 ans !

C’est le très beau et plein de charme « Musée de la Vie Romantique » à Paris qui nous présente quelques chef d’oeuvres en provenance du musée moscovite, dont 75 peintures.

La « Renaissance » russe ou le renouveau par le genre profane

Pour bien comprendre le but de l’exposition, il faut savoir que la Russie n’a connu l’équivalent de notre « Renaissance » que 400 ans après celle de la France et de l’Italie.

Jusque là, l’art russe était, en effet, essentiellement religieux.

C’est avec l’époque des lumières et sous l’impulsion de Pierre le Grand au début du XVIIIème siècle, que la Russie s’est ouverte à un art profane, avec des artistes créant selon leur inspiration et que tous les genres jusqu’alors ignorés purent se développer.

Les artistes russes se mirent aussi à voyager dans toute l’Europe comme pour y puiser un enseignement qui comblerait leur retard (introduction de la peinture à l’huile et de la perspective linéaire).

Si l’aboutissement de ces efforts tomba en plein dans l’époque européenne « romantique », vers 1830, ça n’est que pure coïncidence…

Les portraits

Le peintre Brioullov (1799-1852) fit son « voyage en Italie », à l’âge de 22 ans, en 1821, et nous voyons ici, à cette exposition, plusieurs de ses oeuvres remarquables dont le portrait de la grande-duchesse Marie Nikolaïevna, magnifique de pureté dans les lignes, et par son fond clair très mince, de couleur proche de celle de sa peau :

La grande-duchesse Marie Nikolaïevna (1819- 1876)
Karl P. Brioullov 1837 © Galerie Tretiakov, Moscou

Autre portrait remarquable, de Fedor A. Moller, celui de l’écrivain Nicolas Gogol, qui sert d’affiche à l’exposition, :

Nikolaï Gogol, écrivain (1809-1852)
Fedor A. Моller ca.1840 © Galerie Tretiakov, Moscou

Le portrait du comte Komarovski par Kiprenski est également très intéressant. Il faut savoir que c’est un portrait au crayon avec un peu de sanguine et qu’avec seulement le noir et le rouge le peintre a réussi à donner l’impression que toutes les couleurs y sont !

Le Comte Egor E. Komarovski (1796-1843)
Oreste A. Kiprenski
-  1823 © Galerie Tretiakov, Moscou

Les intérieurs

Le goût des peintres russes pour les intérieurs s’explique sans doute un peu par le climat et les hivers assez rudes.

Plusieurs « intérieurs » sont exposés ici, et notamment celui d’un anonyme, d’ailleurs assez représentatif :

Chambre avec une estrade devant la fenêtre
Anonyme – ca. 1830-1850 © Galerie Tretiakov, Moscou

les paysages

De nombreux tableaux de paysages sont exposés ici.

On y remarquera notamment de Karl I. Rabus, une aquarelle, représentant la Cathédrale Basile-le-Bienheureux et qui constitue comme une sorte de reportage sur ce qu’était Moscou en 1840.

Cathédrale Basile-le-Bienheureux, Moscou
Karl I. Rabus ca. 1840 © Galerie Tretiakov, Moscou

Les natures mortes

Le Comte Fedor P. Tolstoï, célèbre sculpteur et médailleur était aussi connu pour ses trompe-l’oeil (voir l’extraordinaire « paysage urbain sous papier transparent ») et ses splendides natures mortes, dont ci-dessous, le pampre de vigne, de 1817 :

Pampre de vigne
Fedor P. Tolstoï 1817 © Galerie Tretiakov, Moscou

Vous avez jusqu’au 16 janvier 2011 pour voir cette belle et très didactique exposition.

 

 

Ci-dessous l’interview du directeur du Musée de la Vie Romantique, Daniel Marchesseau, apportant un éclairage intéressant sur l’exposition :


LA RUSSIE ROMANTIQUE
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