Le mythe Cléopatre à la Pinacothèque

CLEOPATRE - PinacothèqueBelle exposition avec de beaux murs sépia, un peu de la couleur de l’affiche ci-contre, faisant penser aux photos anciennes des explorateurs de l’Égypte ancienne et aux vieux papyrus.

Avec Cléopâtre, on  navigue entre l’histoire et le mythe. On commence de plain-pied avec l’histoire, grâce au buste en  marbre de Cléopâtre, qui nous accueille dès l’entrée.

Marc Restellini, le Directeur de la Pinacothèque, nous prévient : la littérature, la poésie, la peinture, le théâtre, la bande dessinée et le cinéma l’ont tous incarnée, à chaque fois différente, jamais avec les mêmes qualités ou les mêmes défauts. Toujours exagérée en tout cas et jamais proche d’une réalité.

En effet, par exemple, Cléopâtre est grecque alors qu’on la décrit généralement comme native d’Égypte. La légende se mêle à l’histoire.

On est donc tout d’abord accueilli par Cléopâtre en personne (la tête seulement, mais à hauteur réelle ce qui nous donne une idée de sa petite taille). Voici d’ailleurs Marc Restellini au Journal de France 2 (comparez les tailles !)

Mars Restellini - Journal de France 2

Mars Restellini au Journal de France 2. Observez sa taille à côté de celle de Cléopâtre !


 

Les objets

On peut citer, par ordre approximatif d’apparition, une tête d’Auguste en marbre, plus grosse que nature et d’une perfection merveilleuse.

Puis c’est un très beau portrait de Jules César en marbre,  d’un réalisme étonnant, comme toutes les sculptures de la Rome antique  d’ailleurs :

Portrait de Jules César, surnommé le César « Chiaramonti » Époque julio-claudienne (Ier siècle av. J.-C.-Ier siècle apr. J.-C.) Marbre de Carrare h. totale : 52 cm ; h. de la tête : 20 cm Musées du Vatican, Vatican

Portrait de Jules César, surnommé le César « Chiaramonti » Époque julio-claudienne
(Ier siècle av. J.-C.-Ier siècle apr. J.-C.) Marbre de Carrare
h. totale : 52 cm ; h. de la tête : 20 cm – Musées du Vatican, Vatican



 

Des pièces de monnaie, papyrus, un sarcophage, des amulettes, des frises avec notamment une bataille navale, des masques funéraires et des camées dont celui-ci :

« Camée d’Actium » Représentant l’empereur Auguste dans un chariot tiré par des Tritons Après 27 av. J.-C. Sardoine et monture en or émaillé 6 x 6,6 cm Collections antiques, Kunsthistorisches Museum, Vienne

« Camée d’Actium » Représentant l’empereur Auguste dans un chariot tiré par des Tritons
Après 27 av. J.-C.
Sardoine et monture en or émaillé
6 x 6,6 cm Collections antiques,
Kunsthistorisches Museum, Vienne



 

Un beau portrait d’homme, une petite peinture à l’encaustique sur bois qui montre nettement qu’il y a plus de 2000 ans, l’homme maîtrisait la couleur et le dessin, en bref, la peinture.

Il y a, dans une section « art » (mais tout n’est-il pas « art » ici ?), des assiettes, des vases, des bijoux :

 

Bracelet avec deux têtes de Bès IIe-Ier siècle av. J.-C. Or diam. 5,5 cm, motif :1,5 cm Musée des Antiquités de Bâle

Bracelet avec deux têtes de Bès IIe-Ier siècle av. J.-C.
Or diam. 5,5 cm, motif :1,5 cm Musée des Antiquités de Bâle


 

Plus loin des urnes cinéraires, quelques belles fresques (à la peinture à fresque sur plâtre).

Le crocodile

Au détour d’une cloison, on est accueilli par un effrayant crocodile en marbre, de près de 2000 ans, d’un réalisme étonnant et plus ou moins grandeur nature. Ça fait assez peur. Par contre, l’étiquette étant au bout de sa queue, il faut des jumelles pour pouvoir la lire !  En voici le texte :

Crocodile
Époque hadrienne (117-138 apr. J.-C.)
Provenance : Canope de la Villa d’Hadrien, Tivoli
Marbre de Paros
Musées du Vatican, Cité du Vatican, inv. 22837

 

Un relief en marbre avec un phare et deux vaisseaux marchands transportant de grandes jarres :

Relief avec un phare et deux vaisseaux de transport Fin du IIe-début du IIIe siècle apr. J.-C. Catacombes de Pretestato Marbre 31 x 95 x 3,5 cm Musée chrétien des Catacombes de Pretestato, Rome

Relief avec un phare et deux vaisseaux de transport
Fin du IIe-début du IIIe siècle apr. J.-C. Catacombes de Pretestato
Marbre 31 x 95 x 3,5 cm Musée chrétien des Catacombes de Pretestato, Rome



 

Suite de l’exposition (à la Pinacothèque se trouvant place de la Madeleine, il suffit de traverser la rue)

Ici, nous trouvons des peintures « modernes »  (entre le XVIème et le XIXème siècle) dont un Giovanni Francesco Guerrieri ci-dessous, montrant le suicide de Cléopâtre avec un serpent :

 

Giovan Francesco Guerrieri Cléopâtre Première moitié du XVIe siècle, huile sur toile 58 x 70 cm Fondation Cassa di Risparmio, Fano

Giovan Francesco Guerrieri – Cléopâtre
Première moitié du XVIe siècle, huile sur toile-58 x 70 cm – Fondation Cassa di Risparmio, Fano



 

Puis, nous verrons des éventails, et un extrait de film de Jean Prat, grand réalisateur de télévision ( Antoine et Cléopâtre 1967)

Et nous descendrons le grand escalier pour voir, au sous-sol, comment Cléopâtre est exploitée à notre époque.

Avec des costumes de films et de théâtre, des extraits de films (et même d’un film muet de 1912 !) et jusqu’à la BD avec Antoine et Cléopâtre de Goscinny et Uderzo.

Voici l’impressionnante tenue de Richard Burton, pour le film de 1963 « Cléopâtre » avec Liz Taylor :

 

Armure de Marc Antoine Richard Burton, in Cléopâtre, 1963 Tissu Collezione Costumi d’Arte - Peruzzi - Rome © Photo : D. Alessandro

Armure de Marc Antoine Richard Burton, in Cléopâtre, 1963
Tissu Collezione Costumi d’Arte – Peruzzi – Rome © Photo : D. Alessandro



 

C’est donc une exposition à voir, intéressante à plus d’un titre. Le seul reproche qu’on pourrait peut-être faire, c’est le manque de coordination entre les organisateurs d’expositions : mettre Auguste au Grand-Palais et Cléopâtre à la Pinacothèque, ça fait beaucoup sur (presque) le même thème ou tout au moins la même époque. Quoi qu’il en soit, les deux expositions méritent d’être vues !

 Comment faire pour aller à la Pinacothèque voir cette exposition ?

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, il y a deux Pinacothèques. La première est au 8 rue Vignon. C’est là qu’il faut aller en premier pour prendre les places et pour visiter l’exposition qui commence à cet endroit.

Ensuite, quand vous aurez tout vu, vous ressortirez et presque en face vous aurez, au 28 Place de la Madeleine, la suite et la fin de l’exposition.

Toutes ces précisions me semblent nécessaires pour vous faire gagner du temps. Quant aux horaires d’ouverture les voici :

Tous les jours de 10h30 à 18h30 (fermeture des salles à 18h15).

Fermeture de la billetterie à 17h30.

Nocturnes les mercredis et les vendredis jusqu’à 21h (fermeture des salles à 20h45).

Fermeture de la billetterie à 20h.

Jours fériés de 14h à 18h30 (le 1er mai, le 14 juillet, le 25 décembre et le 1er janvier)

Dates : du 7 avril au 7 septembre 2014

Plus de renseignements sur le site de la Pinacothèque

Pour marque-pages : Permaliens.

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