Rubens, Van Dyck, Jordaens et les autres

Au Musée Marmottan : Peintures baroques flamandes aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

C’est un beau doublé que réalise le musée Marmottan avec cette très belle et didactique exposition, parallèlement à celle sur Henri Rouart !

Ce musée ne nous avait pas habitué à réaliser des expositions de peinture sur des périodes autres que celles de l’impressionnisme et c’est une excellente initiative, une réussite.

Avec celle-ci nous explorons le baroque flamand de l’âge d’or néerlandais (en gros, le XVIIème siècle). Et quelle exploration !

Les peintures sont magnifiques, les couleurs vives, et les tableaux semblent tout juste sortis de l’atelier du peintre !

C’est à la suite d’un accord de partenariat avec les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, que cette exposition a vu le jour. Le musée Marmottan lui rendra la pareille en organisant en Belgique une exposition sur Monet et ses estampes japonaise, Claude Monet et le japonisme en 2014.

C’est dans les grandes salles du sous-sol que ça se passe, avec 41 tableaux magnifiques, présentant des peintures d’histoire, des portraits, des scènes de genre, des paysages et des natures mortes.

La peinture historique

La peinture historique ça n’est pas forcément de l’histoire telle que nous l’entendons dans les manuels scolaires.

En effet, la peinture historique comprend aussi la peinture religieuse et la mythologie. C’est pourquoi nous verrons ici, classées dans cette catégorie, des toiles comme « Suzanne et les vieillards« , épisode biblique tiré du livre de Daniel et qui sert d’affiche à l’exposition, aussi bien que la mort de Pyrrhus.

Ce qui n’empêche pas les traits des personnages d’être étonnants, très expressifs, parfaits, notamment ceux du personnage de gauche, comme coupés au couteau, le regard un peu fou du personnage de droite, et la peau de Suzanne dans des variations délicates de rose et de bleu.

 

Suzanne et les vieillards
Cornelis Schut (Anvers, 1597 – Anvers, 1655) Huile sur toile, 118,7 x 107,5 cm
Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles ©J. Geleyns / www.roscan.be

Le portrait

De magnifiques portraits ornent ici les murs, tels le « Portrait du Père Jean Charles della Faille » du grand Van Dick, dont le réalisme rejoint la psychologie, l’intelligence de ce prêtre jésuite paraissant particulièrement dans son regard.

Le travail sur le clair-obscur est admirable ; il y a très peu de lumière dans ce tableau mais il est d’une très grande justesse dans les tons.

Portrait du Père Jean Charles della Faille, S.-J
Antoine van Dyck (Anvers, 1599 – Londres, 1641), 1597-1652 Huile sur toile, 130,8 x 188,5 cm Musées Royaux
des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles ©J. Geleyns / www.roscan.be

 

La scène de genre

A ne pas manquer ici « Le roi boit » de Jordaens, une grande toile d’environ 2 m sur 1,50 m et où l’on sent la franche et grosse rigolade !

A remarquer au premier plan à droite, la mère « s’occupant » de son enfant ( !) et à gauche le personnage qui vomit (serait un autoportrait ou le thème du médecin qui ne peut se guérir lui-même !).

Le roi boit
Jacques Jordaens (Anvers, 1593 – Anvers, 1678) Huile sur toile, 156 x 210 cm Musées Royaux des Beaux-Arts
de Belgique, Bruxelles ©J. Geleyns / www.roscan.be

 

Le Paysage

Très « classique », obéissant à des normes assez strictes, aussi bien sur le plan du dessin que de l’agencement des couleurs et la composition.

Ainsi, le « Repos à l’ombre » de David Teniers le Jeune en est une bonne démonstration avec par exemple, le fait qu’on aille des couleurs « terre » (en bas), puis qu’en montant, on passe par le vert et qu’on finisse par le bleu. La plupart des tableaux de paysages de l’époque sont ainsi faits.

Le côté « farce » est représenté par le personnage de gauche urinant le long d’un mur…

Repos à l’ombre
David Teniers le Jeune (Anvers, 1610 – Bruxelles, 1690) Huile sur toile, 119 x 190 cm Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles ©J. Geleyns / www.roscan.be

 

La nature morte

Elle décrit généralement un arrangement complexe de fleurs et fruits qui se veut sans doute comme un summum de la beauté… Et qui l’est d’ailleurs par certains côtés.

Comme dans « Fleurs et fruits » d’Abraham Brueghel ci-dessous :

Fleurs et fruits
Abraham Brueghel (Anvers, 1631 – Naples, 1697) Huile sur toile, 127 x 177 cm Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles ©J. Geleyns / www.roscan.be

 

On voit ici des fruits, des fleurs, des animaux (le petit chien à gauche et l’oiseau sur un muret), ainsi qu’un monument dans le fond.

Très belle exposition donc, à voir avec, dans la foulée (pourquoi pas ?), celle consacrée à Henri Rouart !

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