Exposition Alfons Mucha

Cette exposition du musée Fabre à Montpellier, reconnue d’utilité nationale par le Ministère de la Culture présente pas moins de 280 oeuvres du peintre tchécoslovaque.

Elle est articulée autour de huit périodes :

Mucha avant Mucha
Les années parisiennes
Mucha illustrateur
La consécration populaire
La bijouterie Fouquet
Le pavillon de la Bosnie-Herzégovine
Retour à Prague
L’épopée slave.

En fait, à partir de la troisième période, le plan s’est effacé dans ma tête. Je me suis égarée, au point de sortir de l’exposition sans m’en rendre compte (merci, merci gardien !). Sûrement un petit défaut de fléchage, car je n’étais pas la seule. Bref, je m’aperçois que j’aurais raté des salles importantes.

Mucha a débuté comme décorateur de théâtre et illustrateur. On voit bien que ces débuts d’illustrateur ont servi de terreau à l’oeuvre future.

Autoportrait à la palette
Alfons Mucha, 1907 Huile sur toile, 34,5×37 cm Prague, Fondation Mucha © Mucha Trust 2009

Les années parisiennes sont dominées par l’hommage rendu à Sarah Bernhardt qui a révélé le talent de Mucha grâce à l’affiche « Gismonda » commandée en catastrophe en décembre 1894 pour janvier 1895.

Gismonda, Sarah Bernhardt
Alfons Mucha, Théâtre de la Renaissance, 1895 Lithographie, 217×75 cm Paris, Collection particulière DR © Mucha Trust 2009

S’en suit un contrat de six ans durant lequel Mucha saura créer un style nouveau d’affiches avec ses propres formats et des couleurs aux tonalités inusitées jusque là. Il devient reconnu et l’Art Nouveau également par voie de conséquence.

Cette salle est une de mes préférées, tout y est : affiches des pièces (très belle en Lorenzaccio), costumes de scènes, bijoux ( remarquée, la tiare signée Lalique), précieux documents visuels et sonores où l’on entend la tragédienne déclamer avec les chuintements et crissement de l’aiguille sur la galette de cire.

Les industriels se disputent à présent l’artiste pour leur publicité. Les femmes des affiches y sont magnifiques, les frises et volutes harmonieuses. On peut se demander aujourd’hui ce qu’en penseraient les experts en communication visuelle :

l’artiste et la femme sont les vedettes de l’affiche, la marque disparaissant parfois, partiellement masquée par le décor !

Personne n’avait l’air de s’en plaindre à l’époque : le papier à cigarettes Job, les cycles Perfecta ou l’étrange affiche pour Nestlé (hommage à la reine Victoria).

Job, 1896
Alfons Mucha, Lithographie, 60×46 cm Vienne , MAK – Musée autrichien d’arts appliqués / art contemporain © Mucha Trust 2009 / Foto : MAK

La vitrine (grandeur nature ?) de la bijouterie Fouquet nous ouvre ses portes sur la reconstitution de l’originale habituellement présentée au musée Carnavalet à Paris.

Retour en 1900 pour moi qui déambule béatement : c’est l’exposition universelle avec comme pièce majeure la reconstitution du décor du pavillon de la Bosnie-Herzégovine avec une partie des originaux, lesquels étaient restés roulés depuis la fin de l’exposition . C’est grandiose, coloré sans être agressif, chargé aussi, comme un livre d’images. De 1900, je retiendrai aussi un Mucha différent, plus mystique, presque sombre, avec la série des dessins originaux du « Pater », sorte d’explication de texte de la prière. Les yeux hallucinés des hommes et la lumière dans le noir et blanc sont frappants. Et ce Dieu tellement loin de l’ iconographie catholique habituelle. Certains (dont moi) l’on vu femme. Difficile d’y voir une représentation chrétienne uniquement. Il est vrai que Mucha était préoccupé d’occultisme.

A partir de 1910, il commence l’oeuvre de sa vie (18 années) :

l’ »Epopée slave ». Vingt tableaux monumentaux à la gloire de la renaissance d’une nation. Ce n’est plus le Mucha affichiste, styliste ou designer, mais bien le peintre qui rêve d’un lieu à Prague pour installer ses détrempes sur toiles. Deux seulement sont présentes à Montpellier : « L’apothéose slave » et le « Mont Athos ». C’est aussi grandiose, grandiloquent même. On dirait que vient de naître le tableau de propagande.

L’apothéose des Slaves, L’Epopée slave
Alfons Mucha Détrempe sur toile, 480×405 cm Prague, musée de la ville de Prague © Mucha Trust 2009

Le mont Athos, L’Epopée slave
Alfons Mucha Détrempe sur toile, 405×480 cm Prague, musée de la ville de Prague © Mucha Trust 2009

Ces vingt oeuvres offertes par l’artiste à la ville de Prague ne sont toujours pas exposées au public comme il le souhaitait. Bientôt soixante dix ans après sa mort, ce serait un bel hommage que de lui faire ce plaisir post-mortem !

Muriel Marhic, http://www.marhic.com

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