Ra’anan Levy, la chambre double

Au musée Maillol du 16/11/06 au 29/01/07

Peintre Israélien, Ra’anan Lévy étudie en Italie le dessin, la peinture,la gravure. Sa formation est classique mais pointue semble-t-il. Il vit à Paris et voyage pas mal.

Cette rétrospective au Musée Maillol est la première qui lui est consacrée.

Vous pourrez y voir des oeuvres sur toile et sur papier ainsi que des carnets.

J’ai commencé l’expo…par la fin ( moi et mon sens de l’orientation !), donc par les toiles des grandes pièces vides, au premier étage. S’y trouvent aussi des portraits et des eaux-fortes. En redescendant au rez-de-chaussée, on peut voir les natures mortes, les nus, les lavabos et les carnets. Mais si on la prend « à l’endroit » l’expo débute par un foisonnement : de grandes natures mortes insensées remplies d’objets ( y compris les vieilles croûtes de peintures accumulées de sa palette et les tas de vêtements sales).

Puis, ça se dépouille, moins d’objets pour finir par les lavabos en passant par la série du marteau sur l’oreiller.

Lavabo
Ra’anan Levy Photo Jean-Louis Losi | 20/11/2006 | Tous droits réservés

Oreiller
Ra’anan Levy Photo Jean-Louis Losi | 20/11/2006 | Tous droits réservés

Il faut aussi s’arrêter aux nus qui sont un autre genre de dépouillement…Et à ses carnets ; c’est toujours intéressant de voir les gammes d’un artiste.

Ra’anan Lévy
Photo Jean-Louis Losi | 20/11/2006 | Tous droits réservés

Dommage qu’on ne puisse pas tourner les pages !

Tout cela est parfaitement dessiné mais sans que ça se voit trop. C’est ce qui s’appelle avoir une technique bien maîtrisée.

Je devrais dire plusieurs techniques : huile, tempéra, pastel, fusain, aquarelle, gravure ( certaines utilisées ensembles ). Levy ne donne pas dans la virtuosité ou du moins, il ne la montre pas. Je crois qu’il n’a pas besoin de cela. Sa technique picturale n’a guère évoluée avec les années mais ce n’est pas le plus important. Ce sont plutôt les sujets traités qui le font évoluer et qui, au fur et à mesure, ouvrent sur autre chose.

Il peint son quotidien, son matériel, ses modèles, lui-même.

Ra’anan Lévy
Photo Jean-Louis Losi | 20/11/2006 | Tous droits réservés

 

Un peu comme Chardin finalement dont je trouve qu’il est d’un certaine manière l’héritier. Mais aussi d’Edward Hopper que je perçois derrière ses espaces vides et son autoportrait couché.

L’expo continue par les portraits, les gravures et…des bouches d’égout ( intrigant ! ). Puis elle se termine par sa série d’ espaces vides. La transition est faite par une nature morte avec une pièce en arrière-plan et une porte ouverte. Et là je m’interroge. Tout cela pour en arriver à des espaces vides ? Ne nous y fions pas. Levy laisse à chaque fois au moins une « porte ouverte » et amène finalement le spectateur à se demander ce qu’il y a derrière… Pour ma part, c’est en prenant son expo « à l’envers », en entrant dans une de ses pièces vides que j’ai ouvert une porte sur son espace pictural pour aboutir à ses grandes natures mortes. Finalement, je suis sûre maintenant d’avoir pris l’expo dans le bon sens !

Françoise Bonté

Site : http://fanettevoirenpeinture.blogspot.com

Un livre sur l’oeuvre de l’artiste est en vente à la librairie du musée pour 35 euros.

le 3 janvier 2007

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