Les peintres témoins de leur temps à la Pinacothèque

Expositions du 11 octobre 2013 au 16 mars 2014

 Pieter Brueghel le Jeune Le Piège à oiseaux 1605 Huile sur bois 50,5 x 61 cm Collection Torsten Kreuger, Genève

Pieter Brueghel le Jeune Le Piège à oiseaux
1605 Huile sur bois 50,5 x 61 cm
Collection Torsten Kreuger, Genève

Trois expositions  à la Pinacothèque sur le thème commun des « peintres témoins de leur temps » : – La dynastie Brueghel – Goya et la modernité – Chu Teh-Chun, les chemins de l’abstraction En effet, avant l’invention de la photographie, seuls les peintres avaient les moyens de raconter en images les faits importants, de réaliser des portraits, etc.    

  • La dynastie Brueghel :

Un arbre généalogique (voir celui de Wikipédia), à l’entrée de l’expo, nous montre comment sont reliés les différents « Brueghel » jusqu’à David Téniers le Jeune ! C’est une grande famille d’artistes dans laquelle on trouve Pieter Brueghel l’ancien et le jeune, Jan Brueghel, etc…

Pieter Brueghel le Jeune Danse de mariage en extérieur c. 1610 Huile sur bois, 74,2 x 94 cm Collection privée, États-Unis

Pieter Brueghel le Jeune Danse de mariage en extérieur
c. 1610 Huile sur bois, 74,2 x 94 cm
Collection privée, États-Unis

Dans cette famille de peintres, on choisit généralement plutôt de représenter le monde des paysans et des tavernes. Le plus célèbre des Brueghel est sans doute Peter Brughel « le Jeune » qui se rapproche un peu de Jérôme Bosch et de ses scènes hallucinantes. Il est toutefois généralement plus réaliste. Les couleurs sont vives, les personnages sont cernés, et semblent souvent proches de la caricature. Brueghel l’ancien est peut être le plus classique,avec ses thèmes religieux, voir « la résurrection » par exemple. Mais il serait vain de comparer leurs styles et ça n’aurait en plus qu’un intérêt assez faible.

 

 

 

 

On verra ici de nombreuses toiles, non seulement des Brueghel, mais aussi des Jérôme Bosch, tel « L’Escamoteur » ci-dessous

Jérôme Bosch (école de) L’Escamoteur Après 1500 Huile sur bois 83,5 x 114 cm Inv. B 77.0069 Musée d’Israël, Jérusalem

Jérôme Bosch (école de) – L’Escamoteur Après 1500
Huile sur bois 83,5 x 114 cm
Inv. B 77.0069 Musée d’Israël, Jérusalem

 

 

  • Goya (1746-1825) et la modernité :

Goya pratique le dessin humoristique et/ou amère faisant penser à Daumier. De nombreuses gravures (des centaines) sont présentées à cette exposition, chacune avec un thème particulier. Celles représentant la guerre sont particulièrement atroces, souvenirs des guerres napoléoniennes contre l’Espagne… Avec aussi le rôle des femmes qui viennent au secours de la folie des hommes.. D’autres représentent le mariage, avec d’ailleurs beaucoup d’ironie. La tauromachie est aussi à l’honneur ainsi que la prostitution et des critiques des acerbes anticléricales. On peut donc vraiment dire que Goya est un peintre  « témoin de son temps ». Son sens de la caricature poussé à l’extrême est quelque fois à la limite de la folie.

Francisco de Goya Caprice n° 49 Gnomes Les Caprices, 1799 Cinquième édition publiée en 1881-1886 Eau-forte, aquatinte et pointe sèche 21,7 x 15,2 cm Collection privée, Madrid

Francisco de Goya Caprice n° 49 – Gnomes – Les Caprices, 1799 Cinquième édition publiée en 1881-1886
Eau-forte, aquatinte et pointe sèche 21,7 x 15,2 cm Collection privée, Madrid

Ses toiles sont souvent très belles et il s’éloigne de l’académisme pour se rapprocher, par la touche et le dessin, de l’impressionnisme, qui n’était pourtant pas encore né, comme par exemple avec cette « Guerre civile espagnole » les gris mettant merveilleusement en relief les couleurs splendides, contrastant avec l’horreur de la scène :

Francisco de Goya Scène de genre de la guerre civile espagnole Après 1808 Huile sur toile 69 x 107,5 cm Musée des Beaux-Arts, Budapest © Photo : Csanád Szesztay Francisco de

Francisco de Goya Scène de genre de la guerre civile espagnole Après 1808 Huile sur toile 69 x 107,5 cm Musée des Beaux-Arts, Budapest
© Photo : Csanád Szesztay

Il a été aussi peintre officiel de la cour d’Espagne et là, plus question de caricature, même si le « Portrait de Charles III en chasseur » est très peu flatteur… Il reçoit aussi des commandes de l’Eglise.

 

  • Chu Teh-Chun, les chemins de l’abstraction

La troisième exposition présente des oeuvres du peintre chinois Chu Teh-Chun et s’intitule « Les chemins de l’abstraction » car en effet, si ce peintre est semble-t-il en « chemin » vers l’abstraction, il n’y tombe que rarement tout à fait. Quoiqu’il en soit ces oeuvres sont admirables de beauté. Ci-dessous un exemple avec une oeuvre intitulée « Au bord de la rivière » :

Au bord de la rivière, n° 40 Au bord de la rivière, n°40 1959 Huile sur toile 116 x 81 cm Collection privée © Photo: atelier CTC © Adagp, Paris 2013

Au bord de la rivière, n°40  – 1959
Huile sur toile 116 x 81 cm,Collection privée
© Photo: atelier CTC © Adagp, Paris 2013

Vous avez jusqu’au 16 mars 2014 pour aller voir ces très belles expositions. A rappeler que nos amis artistes bénéficient d’une réduction sur présentation de la carte de la Maison des Artistes.

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