Étrange roman que celui là. Il nous raconte l’histoire de l’écrivain Ernest Hemingway qui, pendant la dernière guerre, en 1942, avait monté un petit réseau de contre espionnage anti nazi, basé à Cuba où l’écrivain avait une maison.
Ce réseau, formé surtout d’ivrognes, de copains de bar d’Hemingway, est à son tour espionné par le FBI qui envoie un de ses meilleurs agents, s’inquiétant de voir des amateurs entrer dans la danse d’alliances complexes entre notamment les services secrets américains et allemands.
Beaucoup d’agents allemands étaient en effet débarqués à Cuba par des sous marins pour rejoindre ensuite le continent américain.
Et l’histoire est en grande partie vraie !
Joe Lucas, l’agent du FBI, raconte donc sa rencontre et ses rapports souvent difficiles avec Hemingway. Il n’est pas stupide mais pourtant, il ne comprend pas que l’on puisse écrire de « fausses histoires » ainsi qu’il nomme le genre romanesque !
Extrait de la page 387 (dialogue entre Hemingway et Joe Lucas où la littérature rejoint la peinture !) :
– Pourquoi faîtes vous çà ? demandais-je à voix basse (…)
« Quoi donc ? »
– Écrire de la fiction plutôt que de raconter la vérité ?
Hemingway secoua la tête.
« Il est difficile d’être un grand écrivain Lucas, si l’on aime le monde, si l’on vit dans le monde, et si on aime des gens exceptionnels. C’est encore plus dur quand on aime plein d’endroits. On ne peut pas se contenter de transcrire les choses de l’extérieur, ce n’est que de la photographie. On doit procéder comme le faisait Cézanne, trouver les choses à l’intérieur de soi. L’art c’est ça. On doit créer en soi même. Vous comprenez ? »
– Non.
L’auteur Dan Simmons, est surtout connu pour ses romans de science fiction et il rompt là complètement avec sa spécialité, pour notre plus grand plaisir d’ailleurs.
Très bon livre. A lire
