Autour de l’autoportrait au gilet vert

Cette exposition du Musée Eugène Delacroix à Paris, intitulée “autour de l’autoportrait au gilet vert”, a fermé le 10 mai 2005.

L’autoportrait au gilet vert est le très célèbre tableau d’Eugène Delacroix, huile sur toile, qui se trouve habituellement au Louvre. Pour l’occasion, il a été transféré ici.

La copie en héliogravure (technique de transfert d’une photo sur une plaque en cuivre et présentant des variations minimales dans les couleurs), a été réalisée par un peintre graveur contemporain, Pietro Sarto, avec les procédés anciens.

On peut d’ailleurs voir, dans une salle assez grande qui était l’atelier de Delacroix, plusieurs “épreuves d’état de recherche d’encrages de l’image complète” (sic). En comparant le tableau original avec le résultat final de la gravure, on constate une grande fidélité des couleurs.

Cette exposition n’offre qu’un intérêt relatif mais il n’en est pas de même du Musée proprement dit…

D’abord, c’est la dernière demeure de Delacroix. Un appartement au 1er étage d’un immeuble de la fin du XVIIème siècle, lieu magique, endroit magnifique. On accède à son atelier en sortant de l’appartement et en descendant quelques marches qui mènent dans un petit jardin plein de charme.

On trouvera dans ce musée des toiles intéressantes, dont “l’éducation de la Vierge” (1853) acquisition récente du musée. Très belle toile avec des couleurs terre et ocres contrastant avec un ciel bleu, et dont l’histoire est amusante :

Delacroix s’étant rendu à Nohant chez son amie Georges Sand, il entreprit de donner des cours de peinture à son fils Maurice, mais n’ayant pas de toile, celui-ci en fabriqua une à partir d’un coutil de fil que Georges Sand destinait à ses corsets ! Il faut dire qu’elle a très bien resisté aux épreuves du temps !

J’ai remarqué une autre toile, “portrait de Lucile Virginie Le Guillou ” (1836). C’est le portrait d’une petite fille brune, de face, plein de sensibilité, d’émotion et de sobriété.

Autre oeuvre intéressante le “portrait de Léon Riesener “, laissé à l’état d’esquisse et qui permet de voir la perfection du dessin et la justesse dans les valeurs (très important en peinture). On a l’impression que le plus gros du travail est fait et qu’il n’y a plus qu’à poser des glacis légers.

Dans l’atelier de Delacroix, on trouvera deux de ses palettes, avec ses innombrables couleurs posées là depuis plus de 150 ans, dans un ordre rigoureux. Certaines couleurs sont tellement proches les unes des autres qu’on a du mal à voir la différence et pourtant elle est là, elle existe. Emouvant.

Petit musée, modeste mais plein de charme, à voir pour ceux qui passent à Paris.

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