« Claude Monet, son musée » : Marmottan

Le musée Marmottan Monet présente du 7 octobre 2010 au 20 février 2011 une exposition originale, « Claude Monet, son musée ».

La cave du musée !

Le musée Marmottan a exhumé de ses caves les trésors qu’il y gardait, pour en faire une exposition, finalement originale, des toiles que Monet gardait par devers lui et qui lui ont été léguées par son fils Michel (Vétheuil 17 mars 1878 – Vernon 3 février 1966).

Michel Monet est le dernier de la famille et il est décédé en 1966 à 87 ans dans un accident d’auto !

Le voici portraituré par son père en 1880 :

Portrait de Michel Monet en bonnet à pompon
Claude Monet, 1880 Huile sur toile, 46 x 38 cm Musée Marmottan Monet, Paris Inv. 5018 ©musée Marmottan Monet, Paris / Bridgeman Giraudon / presse


Toutes les toiles de Monet (136) ont donc été remontées de la cave, ainsi que des dessins et divers souvenirs (ses lunettes, des palettes, des livres de compte, etc.) et ce pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Une petite toile qui fera date !

A la suite de malentendus divers et variés, « Impression soleil levant » n’a pas été prêtée à la RMN pour l’expo du Grand-Palais. Mais ça n’est pas grave puisqu’on peut voir ici cette petite toile (48 x 63 cm), petite par la taille mais grande par l’impact qu’elle a eue dans l’histoire de la peinture, puisqu’elle est à l’origine du mot « impressionnisme » !

Les Tuileries

Sur les 136 toiles présentées, nous avons choisi d’abord « les Tuileries » qui date de 1876 alors que Monet avait 36 ans, parce qu’elle nous semble particulièrement emblématique du glissement vers l’impressionnisme :

le dessin y apparaît, parfait et rigoureux, alors que la peinture appliquée sur la toile y est plus comme ce qu’on considérait alors comme une ébauche (pour capter les tons en pleine nature, il faut se dépêcher !).

Les personnages ne sont que suggérés, les ombres bien violettes et les nuages ne sont que le fond de la toile laissé vierge !

Les Tuileries, 1876
Claude Monet, Huile sur toile, 130 x 200 cm Musée Marmottan Monet, Paris Inv. 5096 ©musée Marmottan Monet, Paris / Bridgeman Giraudon / presse

Monet et ses amis

Au rez-de-chaussée sont présentées quelques toiles des amis de Monet.

Eugène Boudin qui à l’âge de 30 ans a rencontré Monet âgé de 17 ans. Il deviendra son maître, et Jongkind sera, selon ses propres termes, son deuxième maître.

Un portrait de Monet par Renoir figure aussi en bonne place, ainsi qu’un magnifique autre portrait de Monet attribué à John Singer Sargent.

Les voyages

Au premier étage, on peut voir les toiles de Monet réalisées au cours de ses voyages, tel le magnifique « pont de Charing Cross » (il aimait beaucoup Londres) et les « maisons rouges en Norvège ».

En redescendant au rez-de-chaussée une toile magnifique : « Vétheuil dans le brouillard ».

Champ d’iris jaunes à Giverny (1887)

Cette toile, par sa simplicité et sa perfection, vaut le coup qu’on s’y arrête un peu.

Champs d’iris jaunes â Giverny
Claude Monet 1887. Huile sur toile(45 x 100 cm). Inv. 5172. © Musée Marmottan, Paris

Il faut tout d’abord dire qu’elle a été peinte « dans le frais », c’est à dire d’un seul coup, sans attendre que ça sèche. Ce qui fait que, par exemple un coup de pinceau jaune va entraîner une couche bleue et va donc donner des taches vertes.

Le fond de la toile est laissé en blanc pour aérer l’ensemble et donner de la lumière.

Les ombres sont bleu-violet clair.

Les tiges des fleurs sont ce qu’on qualifierait de véronèse chez Lefranc… Il a pu aussi faire un vert en utilisant le bleu de prusse mélangé à un jaune de cadmium avec plus ou moins de blanc, suivant qu’on est dans les premiers ou les arrière plans.

Les fleurs elles mêmes sont de simples virgules, mélange irrégulier de jaune de cadmium foncé et d’un peu de jaune citron pour celles du fond.

La ligne de séparation avec la foret est tracée d’une main vigoureuse et sûre dans un horizontal impeccable. La foret est bleu-violet clair ( !) et des touches de vert moyen sur les sommets.

Quant aux nuages il sont peints à grands traits de blanc mélangé à de l’ocre rouge et par endroits à du bleu.

Ciel et forêt (détail)

La barque

Un tableau intéressant, « la barque » a représenté pour Monet un véritable défi : celui de peindre des herbes immergées se mouvant dans le courant de la rivière.

Il s’en voulait d’ailleurs un peu de se fixer des objectifs aussi difficiles !

Au sous-sol

Au sous-sol figure la remarquable série des « ponts japonais » peints avec frénésie en 1918, dont le plus beau est fait dans des camaïeux de verts absolument magnifiques.

Et enfin, sans doute l’une de ses dernières toiles, datant de 1926, remarquable par la simplicité du sujet et par sa beauté, il s’agit de branches de rosier sur fond de ciel bleu.

 

Les Roses, 1925-1926
Claude Monet Huile sur toile, 130 x 200 cm Musée Marmottan Monet, Paris Inv. 5096 ©musée Marmottan Monet, Paris / Bridgeman Giraudon / presse

Pour terminer, un petit film de Sacha Guitry est présenté dans cette grande salle. Il est intéressant et émouvant.

Le voici :

Belle exposition dans le cadre magnifique du Musée Marmottan-Monet. Vous avez jusqu’au 20 février 2011 pour la voir.
le 19 novembre 2010
Pour marque-pages : Permaliens.

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