« Le dernier paradis de Manolo » d’Alan Warner

Manolo est un homme d’affaires espagnol qui a bien réussi dans la vie et qui, de plus, est un séducteur né…

Peu importe l’histoire, assez banale d’ailleurs (y compris la chute).

Le problème, c’est qu’Alan Warner est écossais et que son héros est espagnol.

Et qu’y a-t-il de commun entre un Écossais et un Espagnol ? Rien.

D’où la difficulté pour Alan Warner car son héros ressemble plus à un américain de la côte Est qu’à un espagnol. D’ailleurs, on se demande pourquoi il a été chercher un espagnol…

Son Manolo est, de plus, assez caricatural. C’est l’espagnol vu par le touriste écossais !

Manolo est, par exemple, rétif à toutes les langues, à tous les voyages (tous les latins sont comme ça), il veut rester dans son coin et quand il y est obligé, c’est à contre-coeur. Il dit,en parlant des jeunes, page 83 :

Le Rwanda en auto-stop. Ça leur ferait du bien. Ils croient désirer voir le monde tel qu’il est, mais c’est un mensonge. Ils désirent seulement un montage exotique du monde, une réalité à mi-temps. Les voyages sont un mensonge opiacé.

Et puis il y a des digressions philosophiques digne des meilleures « brèves de comptoir », par exemple, page 96 :

(…) dans la vie, la chance est parfois aussi aveugle, cruelle et absurde que la malchance -laquelle attire tous les regards sur elle.

Et puis le lieu commun pour les quelques mortels qui ne seraient pas au courant, car Manolo venant de compter les livres qu’il avait dans sa bibliothèque, il se dit (page 272) :

Total des livres non lus : 1862 Prévision optimiste de lecture : 3 livres par mois = 36 par an et temps nécessaire : 52 années

Moralité : la lecture ne sert à rien et il jette ses 1862 livres…

Lire plutôt « Un jour je reviendrai » de Juan Marsé (livre espagnol écrit par un espagnol et qui a, de surcroît, beaucoup de talent.

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