De Sienne à Florence
– La Collection d’Altenbourg
Le Musée Jacquemart-André nous propose ici une très belle exposition de chefs-d’oeuvre des maîtres italiens des XIIIe, XIVe et XVe siècles.
Il s’agit de la collection du Musée d’Altenbourg constituée au début du XIXe siècle par le baron allemand Bernard von Lindenau (1779-1854) riche homme politique allemand, qui créa en 1848 un musée dans sa ville natale d’Altenbourg, destiné à présenter au public la collection d’oeuvres d’art qu’il avait achetées.
L’exposition suit un ordre chronologique, allant des années 1280 jusqu’au XVème siècle, scindée en deux parties : l’École de Sienne et l’École florentine.
Il est couramment admis que les peintres, en tant qu’individus, n’avaient pas l’importance qu’ils ont maintenant, mais cette exposition semble prouver que c’est faux puisqu’ici, bien au contraire, nous voyons de nombreuses oeuvres signées.
L’École Siennoise
Les premières salles sont consacrées à l’école siennoise avec une série de panneaux présentant des scènes de la vie du Christ.
Il y a un style byzantin chez Guido da Siena dans « L’adoration des mages » magnifique par sa composition et la musicalité dans les couleurs (tuniques des mages roses comme le bâtiment du fond, par exemple).
Musée Lindenau, Altenbourg © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
Il sait faire parler les images, notamment dans une autre oeuvre montrant le Christ qui monte volontairement sur la croix à l’aide d’une échelle… Contrairement à ce qu’il est dit, notamment dans l’audioguide (téléchargeable sur le site du musée – très bonne initiative !), il ne semble pas qu’il s’agisse là d’une « originalité iconographique », mais bien plutôt d’un symbole très fort…
Avec la « Vierge à l’enfant » de Lipo Memmi (Vers 1320-1322), on s’éloigne du style byzantin pour entrer dans le style gothique.
Musée Lindenau, Altenbourg, © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
Toujours de Lipo Memmi, une très belle Marie-Madeleine. A l’origine, elle tenait un enfant dans ses bras (le dessin en a été effacé mais on en voit toujours la trace).
Plus loin, nous pouvons admirer une magnifique « Vierge à l’enfant » de Liberale da Verone, pleine de sensibilité, la Vierge serrant l’enfant contre sa joue, et qui sert d’affiche à l’exposition (voir le logo de l’article).
Une très belle « Assomption de la vierge » de Sano di Pietro 1448-1452 représentant la Vierge entourée d’anges et priant, le tout sur un fond d’or
Musée Lindenau, Altenbourg, © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
L’école florentine
Florence était riche aussi, mais entièrement dominée par les Médicis.
On remarquera un splendide « Triptyque avec la Vierge en majesté, entourée d’anges et de saints » de Bernardo Daddi, ancien élève de Giotto.
Musée Lindenau, Altenbourg © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
La cène d’Agnolo Gaddi fourmille de détails et de symboles.
Ce panneau devait faire partie d’un retable dont il était l’un des compartiments.
Musée Lindenau, Altenbourg © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
On s’achemine à grands pas vers le gothique, aussi bien en architecture qu’en peinture.
C’est particulièrement flagrant chez Dom Lorenzo Monaco dont on peut voir « la fuite en Egypte », remarquable par le traitement de la nuit.
On remarquera le cadre à plusieurs lobes. Il est intéressant de constater que le traditionnel fond d’or est remplacé par la nuit !
Musée Lindenau, Altenbourg, © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
L’exposition se termine avec plusieurs Fra Angelico, le célèbre peintre florentin, saint patron des peintres (certains disent Saint Luc ?).
Musée Lindenau, Altenbourg, © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008
Cette exposition a lieu jusqu’au 21 juin 2009 dans le cadre du magnifique Musée Jacquemart-André.
Les Primitifs Italiens au Musée Jacquemart-André du 11 mars au 21 juin 2009
Musée Jacquemart-André 158, bd Haussmann 75008 Paris Tél. : 01 45 62 11 59
Ouvert 365 jours par an, de 10h à 18h.

