Cette exposition nous présente quatre immenses artistes qui ont marqué le XXème siècle, Gustav Klimt (1862-1918), Egon Schiele (1890-1918), Koloman Moser (1868-1918) et Oskar
Kokoschka (1886-1980 et se divise en trois sections : « histoires », « paysages » et « figures ». Comme on peut le remarquer, ils sont tous morts en 1918 (sauf Kokoschka, mort en 1980 à l’âge de 94 ans !). Les deux plus grands sont, sans conteste Egon Schiele et Gustav Klimt.
Les grands héros de cette exposition sont en fait Egon Schiele et Gustav Klimt.
Egon Schiele (1890-1918)
Egon Schiele, parce qu’il a le génie du dessin et que même ses toiles ressemblent à ses dessins. Il dessine des personnages filiformes, nantis de doigts très longs. Schiele semble avoir l’obsession des mains, on dirait que, bien qu’il s’en serve tous les jours activement puisqu’elles sont son instrument de travail, il est aussi gêné par elles, et qu’il pense qu’elle ne doivent en aucun cas être inactives et qu’elles doivent toujours exprimer quelque chose. On le voit dans les photos que l’on a de lui, ainsi que dans ses dessins et peintures.
Plus Loin « Un homme et la mort », toile le représentant avec son double « mort »
Les nus de Schiele
Le nu est un de ses sujets de prédilection. Certains lui vaudront la prison, accusé d’avoir montré des dessins érotiques à des enfants.
Les portraits
Formidable portraitiste, on peut voir, entre autre, dans cette exposition, un portrait de l’éditeur Eduard Kosmack, limite de la caricature, extraordinairement maîtrisé, avec une une grande économie de couleurs.
L’autoportrait ci-dessous est à la fois portrait et nature morte (les alkékenges). Il peint d’ailleurs les fleurs avec une rare élégance. On remarquera le fond nacré, dont il est coutumier.
Les paysages
On a pu dire de Schiele notamment dans un ouvrage connu, qu’il était « indifférent aux règles de la perspective aérienne ». Or rien n’est plus faux.
Si les petites villes de Schiele sont certes biscornues, leur cohérence tient au fait que la perspective, très complexe dans des cas pareils, est superbement respectée.
On y sent aussi l’héritage de Brueghel, notamment dans dans le choix des couleurs et dans le dessin.
Un autre merveilleux paysage « Quatre arbres », splendide, avec un ciel fait de bandes roses, jaunes, bleues, nacrées sur des premiers plans verdâtres.
Gustav Klimt (1862-1918)
Klimt, est le chef, l’initiateur, le « maître » (il crée la « Sécession Viennoise » en 1897). Il possède une formation artistique complète et très classique. Tout ce qu’il faut pour être apprécié dans la Vienne impériale. Il a d’ailleurs de nombreuses commandes officielles.
Mais ses recherches en matière de peinture font que ses oeuvres s’éloignent de plus en plus de l’académisme officiel et qu’il devient de moins en moins apprécié en haut lieu. Un poste de professeur qui lui revenait de droit lui est même refusé.
Beaucoup de ses oeuvres font appel à l’or comme matériau, à l’instar des Maîtres de la Renaissance, tel Fra Angelico.
Sa production est très éclectique.
On peut voir sa très célèbre oeuvre, hautement symbolique, « Les 3 âges de la vie », impressionnante par la beauté des couleurs et par la presque insoutenable vérité qu’elle contient.
A Propos de l’or, on en verra dans sa toile « Danaé », personnage issu de la mythologie, une femme couverte par une pluie d’or (envoyé par Zeus).
et « Judith II », personnage biblique, tenant dans ses mains la tête décapitée d’Holopherne…
et sans doute un de ses plus beau portraits :
Ci-dessous, le portrait d’une petite fille, âgée de 12 ans et déjà pleine de volonté et d’assurance.
Ses paysages font parfois penser à Van Gogh, tels ces jardins :
« Sur l’Attersee » est plus étrange, une magnifique variation dans les verts et les bleus :
Oskar Kokoschka (1886-1980)
Oskar Kokoschka était peintre, mais aussi auteur de pièces de théâtre et de recueils de poésies.
On découvre ici ses peintures, parmi lesquelles :
*** l’image se trouvait ici, mais après l’exposition, l’ADAGP ne nous autorise pas à la garder
Koloman Moser (1868-1918)
Koloman Moser était avant tout un grand designer et affichiste.
Ici un fauteuil conçu et dessiné par Koloman Moser.
L’exposition nous montre aussi quelques unes de ses remarquables peintures :
et le très étrange « Portrait d’Anna Bahr-Mildenburg » (ci-dessous) :
Cette très belle exposition a le mérite de nous faire découvrir (ou redécouvrir !) un courant artistique trop peu connu, celui de la Sécession Viennoise. Elle s’est déroulée au Grand-Palais à Paris jusqu’au 23 Janvier 2006.



















