La passion Lippi de Sophie Chauveau

La vie du peintre Filippo Lippi

Ce livre est le premier volet d’une trilogie ; il précède “le rêve Botticelli” et “L’obsession Vinci”. C’est l’histoire du peintre Filippo Lippi (1406 -1469).

Découvert enfant les pieds couverts de corne dans les rue de Florence par Cosme de Médicis, il ne sait d’où il vient ni quel âge il a. Cependant il dessine des merveilles dans la crasse des rues et le bienfaiteur des Arts et des Sciences croit percevoir en lui un futur génie.

Il décide de le protéger, ce petit inconnu affamé, et le place au couvent des carmes pour faire son éducation.

Le petit sauvage est rassuré d’avoir un toit, de la nourriture à sa faim et se montre très discipliné. Il rencontre rapidement son futur maître : Guido di Pietro, le futur fra Angelico.

Élevé dans la religion, bon élève, il a un côté sombre qui le pousse a faire le mur pour se réfugier…au bordel où les filles de joie qui l’adorent lui apportent le réconfort dont il a besoin pour apaiser ses angoisses. Nous saurons bien plus tard dans le roman la cause de ses tourments.

Il semble que tout soit pardonné à cet enfant terrible, même lorsque ses petits secrets sont révélés à son bienfaiteur comme aux membres du couvent. Il prononce ses voeux à quinze ans.

Ses vierges Marie sont des modèles recrutés chez les prostituées. Nommé chapelain du couvent Sainte-Marguerite, il décide d’honorer sa commande de peinture en choisissant une vraie Vierge parmi les nonnes : il rencontre la jeune nonne Lucrezia Buti, d’une naïveté à peine croyable…

C’est le tournant du roman et de l’histoire du peintre.

Dans une écriture simple, l’auteur nous promène dans l’âme de l’homme et de l’artiste comme dans la ville de Florence avec sa population si réactive et particulière.

Peut-être moins renseigné historiquement que le deuxième volet (“le rêve Botticelli”), nous suivons au plus près ce personnage débridé, voire débauché et manipulateur qui fut défroqué, ivrogne, qui subit la torture, corrompt une jeune nonne, l’épouse, la trompe, mais qui reste sympathique car capable d’amour, d’amitié, exigeant dans son art (il aurait inventé le “prix du pinceau” : surcoût demandé aux acheteurs pour le talent) et force de la nature.

L’apothéose finale, ainsi que la tragédie qui la sous-tend ouvre l’avenir de son fils Filippino devenu l’élève d’un certain Botticelli lui-même élève du maître Lippi.

Une fois encore, un roman agréable à lire, (d’une écriture parfois trop moderne) une fiction très crédible avec cette interrogation énervante : où est la part du roman ? où est la part de l’Histoire ?

Muriel Marhic, http://www.marhic.com

La passion Lippi par Sophie Chauveau – folio

le 7 septembre 2009

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