Matisse, Cézanne, Picasso …
Les Stein, la fratrie
les Stein dont il est question ici sont une fratrie de collectionneurs américains.
Leur grand-père, un juif bavarois, émigre aux États-Unis au début des années 1840. Il ouvre un magasin de vêtements à Baltimore repris à son décès par ses deux fils, Daniel et Solomon. Daniel, leur père, s’installe à San-Francisco et s’occupe du tramway, alors en plein développement.
Ils sont trois enfants, Michael, l’aîné, Léo le cadet et Gertrude la benjamine.
Léo et Gertrude
Par ordre d’entrée en scène, il y a tout d’abord Léo qui, après avoir passé une licence en art à l’Université John Hopkins de Baltimore, se rend à Florence où il se lie d’amitié avec son compatriote Berenson, l’historien d’art (qui a dit : « L’art a sans doute une histoire, mais cette histoire n’a guère d’intérêt si elle devient l’affaire d’érudits professant ex cathedra dans de sombres universités. » On retrouve là l’enthousiasme américain) ; il y apprend beaucoup.
Puis, il se rend à Paris, en décembre 1902, endroit incontournable pour l’art moderne à l’époque. Il y loue un appartement au 27 rue de Fleurus.
Il y reste et fait venir sa sœur Gertrude l’année suivante abandonnant des études de médecine et de psychiatrie aux États-Unis. En même temps, il décide de devenir peintre.
Gertrude est aussi une artiste. Elle écrit. De façon très originale (elle essayera de mêler cubisme et art littéraire !). Elle a un style très curieux, proche de la poésie.
Dans « The Making of the Americans », écrit plus tard, un livre d’un millier de pages au présent et sans ponctuation ( !), et surtout « l’Autobiographie d’Alice B.Toklas », singulière autobiographie, écrite et signée par Gertrude et écrite en lieu et place d’Alice, sa compagne.
Gertrude et Léo entrent dans le milieu artistique parisien en tant que découvreurs, acheteurs et amis de jeunes peintres ayant pour nom Picasso, Matisse… D’abord parce qu’ils aiment ces oeuvres originales et nouvelles et ensuite parce que ces artistes sont encore bon marché à l’époque. C’est tellement vrai que, plus tard, lorsque Picasso sera célèbre, ils ne pourront plus acheter ses toiles !
Ils sont un peu farfelus, un peu bohèmes, comme les artistes qu’ils côtoient, ce qui leur permet de les attirer et de s’en faire des amis.
Ils ont aussi un rôle d’intermédiaires, favorisant les rencontres entre les différents protagonistes de l’art, aussi bien des écrivains que des peintres et des sculpteurs.
Quand ça leur plait, ils achètent et finissent donc par avoir une belle collection.
Tout le monde veut la voir et il faut organiser des sortes de « visites guidées » créant les « samedis » où, sur recommandation, il est permis à tout un chacun de venir voir leur collection.
Michael et Sarah
Michael, le frère aîné, a fait fructifier l’idée de son père avec le tramway électrique et il est devenu directeur des trams de San-Francisco.
Il a placé parallèlement son argent dans l’immobilier, faisant construire un ensemble d’immeubles dans un quartier résidentiel de la ville, ce qui permet aux Stein, à partir de 1904, de vivre sans travailler.
Accompagné de son épouse Sarah, et de son fils Allan, il rejoint Paris en 1904, avec le vague projet d’y ouvrir un magasin d’antiquités.
Mais ils sont vite conquis par Léo et Gertrude qui leur présentent tous ces peintres de talent, Picasso, Laurencin, Valloton, Bonnard et bien sûr Matisse dont ils achètent les oeuvres et qu’ils pressent d’ouvrir une école.
L’Académie Matisse est lancée. Il y est distillé un enseignement assez classique, avec des modèles vivants par exemple.
Sarah en est une élève assidue et passionnée. Elle prend des notes sur les phrases importantes du « Maître ».
On en verra plusieurs dans cette exposition. En voici une :
« Pour peindre, commencez par regarder longuement et attentivement votre modèle ou sujet et décidez de votre schéma général, des coloris. Ceci doit prévaloir » (Henri Matisse 1908, notes de Sarah Stein).
Cette Académie dure jusqu’en 1911.
Une exposition vivante
L’exposition, organisée par la Rmn-Grand Palais, le Museum of Modern Art de San Francisco et le Metropolitan Museum of Art de New York a été présentée du 21 mai au 6 septembre 2011 au San Francisco Museum of Modern Art, et le sera du 1er février au 3 juin 2012 au Metropolitan Museum of Art de New York.
Difficile à décrire, il faut y aller et se laisser prendre par l’atmosphère, pleine de poésie, d’intelligence, et surtout voir de près ces oeuvres magnifiques. Bravo aux organisateurs !
Elle est immense, par la surface d’abord, par le nombre d’oeuvres exposées (plus de 200 !) par leur qualité, par la richesse de la documentation aussi.
Elle est présentée sur huit salles divisées en trois grandes sections, ce qui est évidemment un peu compliqué, chaque secteur empiétant plus ou moins sur les deux autres… Le mieux est de se laisser aller à admirer cette grande et exceptionnelle exposition.
Léo, Michael et Sarah et enfin Gertrude forment les trois secteurs principaux.
De petits espaces cloisonnés renfermant de la documentation (écrits, livres, films) sont appelés des « boîtes ».
Section 1 : Léo :
Salle 1 : « The Big Four », Manet, Renoir, Degas, Cézanne… les piliers de l’Art moderne.
En ce qui concerne Degas, il n’y a guère que des dessins mais très intéressants !
Il y a aussi des toiles de Cézanne, avec sa technique aquarellisée même quand il utilise de l’huile (peinture diluée et espaces blancs), de beaux petits Renoir (voir par exemple « Brunette » et le « chapeau épinglé » en lithographie).
Un petit (26 x 12cm) de Cézanne très affirmé sur le plan des couleurs, celui là, et intitulé « Cinq pommes »
Un Manet, « Scène de bal » de 1875, exécuté à coup de pinceau énergiques et précis :
Salle 2 : la tradition classique à l’épreuve de la modernité
On est accueilli ici par un Toulouse Lautrec (« le divan »), pastel et gouache sur carton, admirablement dessiné.
Plus loin, on remarquera un étonnant Valloton (« grand nu allongé au coussin jaune ») et le magnifique « Nu bleu » de Matisse.
Également présents plusieurs grands Picasso de la période bleue et rose.
Salle 3 La révélation « fauve », salon d’Automne 1905.
C’est Léo qui acheta « La Femme au chapeau », de Matisse qui fit scandale au Salon d’Automne de 1905.
Section 2 : Michael et Sarah
Salle 4 : Les « Samedis des Stein ».
A remarquer l’étonnant « Portrait aux cheveux bouclés » de Matisse qui représente le fils de Michael et Sarah, Allan, âgé d’environ onze ans.
Un grand Marie Laurencin « Apollinaire et ses amis » de 1909 sur lequel on peut voir, entre autre, Gertrude Stein et Picasso.
Salle 5 : Matisse.
Là c’est un festival Matisse, on y voit des oeuvres magnifiques et très peu connues, tel « le Pont Saint Michel », avec des couleurs assez saturées et chaudes, beaucoup d’orange, très « fauve ».
Où Matisse trouvait-il ses couleurs et surtout l’arrangement de ses couleurs ? Tellement criardes mais tellement belles !
A ce propos on remarquera aussi un « Paysage d’Automne » dans lequel les troncs des arbres sont bleus et le sol rose et rouge carmin ! Il n’est malheureusement pas dans les visuels.
Avec « Nature morte à la cruche bleue », les formes, toujours aussi pures, deviennent harmoniquement dissymétriques…
Nous verrons un peu plus loin un ensemble de sculptures de Matisse et un étonnant autoportrait de Léo Stein devenu peintre. A remarquer toutefois que celui ci ne lui est qu’attribué (serait-il de Matisse ou Matisse l’aurait-il aidé ?).
Salle 6 : Au lendemain de la guerre, après l’exposition Gurlitt (Berlin, 1914)
Sarah et Michael avaient confié dix-neuf Matisse en 1914, à Berlin pour une exposition à la galerie de Gurlitt. Evidemment, la date était mal choisie, puisqu’avec la guerre,ils ne récupèreront jamais ces toiles…
Section 3 : Gertrude Stein
Nous abandonnons ici les numérotations des salles à l’occasion du passage à l’étage inférieur par un petit escalier en colimaçon, pour déboucher sur une autre salle pleine de Picasso, avec notamment le célèbre portrait de Gertrude et, en fond sonore, la voix de ladite Gertrude en Anglais, qui lit son hommage à Picasso : « If I told him » sur un ton lancinant et répétitif (on peut l’écouter sur Youtube) :
Le grand portrait de Madame Cézanne est également ici :
L’exposition se termine avec des toiles cubistes de Picasso et Juan Gris, une de Balthus, de Braque, de Masson et un beau portrait réaliste de Gertrude par Picabia (1937), ainsi que par des hommages en rapport à son engagement auprès de la Croix rouge américaine avec sa compagne Alice Toklas pendant la guerre de 1914-1918.
Chronologie résumée (extraits, par Kate Mendillo). (Source : dossier de presse de la RMN)
1865-1870
Michael Daniel Stein (1865-1938), fils de Milly et Daniel Stein, naît à Pittsburgh le 26 mars 1865. Après la mort en bas âge de leur deuxième fils, Harry, Milly et Daniel Stein en auront un troisième, Simon (1868-1913). Le quatrième enfant meurt peu après sa naissance en 1869. L’année suivante, ils ont une fille, Bertha (1870-1924).
1869
Naissance d’Henri Matisse (1869-1954) au Cateau-Cambrésis le 31 décembre.
1870
Sarah Anne Samuels (1870-1953) naît le 26 juillet à San Francisco.
1872
Leo Daniel Stein (1872-1947) naît le 11 mai à Allegheny (englobée depuis dans la commune de Pittsburgh), où ses parents Milly et Daniel habitent à présent sur la Western Avenue.
1874
Gertrude Stein (1874-1946) naît le 3 février à Allegheny, où ses parents Milly et Daniel viennent d’emménager dans une maison en brique au 71 Beech Street. « Je suis née à Allegheny, un fait qu’Alice [Toklas] veut toujours que je taise mais il faut bien naître quelque part et c’est là que je suis née. »
1877
Alice Babette Toklas (1877-1967) naît à San Francisco le 30 avril.
1878
Les Stein arrivent à Paris à l’automne. Ils prennent un logement dans le quartier de Passy, où les enfants poursuivent leur instruction.
1881
Pablo Ruiz Picasso (1881-1973) naît à Malaga le 25 octobre.
1891
Daniel Stein meurt en janvier. L’administration de la succession est confiée à Michael, qui travaillait sous les ordres de son père à l’Omnibus Railroad and Cable Company de San Francisco. La famille s’installe au 834 Turk Street et l’héritage géré par Michael assure l’indépendance financière des enfants.
1894
Michael Stein épouse Sarah Samuels à San Francisco le 1er mars.
1903
Avant de quitter Paris pour passer l’été en Italie, Leo achète son premier Cézanne, « La Conduite d’eau » (vers 1879) chez Ambroise Vollard.
Gertrude décide d’habiter avec Leo à Paris, dans l’appartement du 27 rue de Fleurus.
1904
Michael, Sarah et Allan Stein, accompagnés d’une jeune fille au pair, Theresa Ehrman (1884-1961), s’installent à Paris en janvier. Ils habitent d’abord au 2 rue de Fleurus, avant de trouver un appartement tout près de là, au 58 rue Madame.
Le 28 octobre, après avoir touché de gros revenus sur l’héritage géré par Michael, Leo et Gertrude achètent sept tableaux à Vollard : deux Cézanne, deux Gauguin, deux Renoir et un Maurice Denis.
Le 16 décembre, Leo et Gertrude achètent une toile de Cézanne, « Madame Cézanne à l’éventail » (1878-1886 -1888), que Vollard avait prêtée au Salon d’automne.
1905
Leo et Gertrude achètent leurs premiers Picasso :« Famille d’acrobates au singe » (1905) et « Fillette au panier de fleurs » (1905).
Le 8 mai, Henri-Pierre Roché annonce à Picasso : « Je vous amènerai chez vous mercredi matin à 10 heures cet Américain dont je vous ai parlé. »
L’Américain en question pourrait bien être Leo.
Gertrude rencontrera Picasso peu après.
Les Stein et les soeurs Cone visitent le troisième Salon d’automne dès le vernissage, le 18 octobre.
Quelques semaines après, Leo et Gertrude achètent leur premier Matisse, « Femme au chapeau » (1905).
Henri Manguin organise un peu plus tard une rencontre entre Leo et Matisse, et Leo à son tour présente Michael et Sarah à Matisse, dont ils seront les amis et soutiens indéfectibles.
1906
Vers le mois de mars, Matisse et Picasso se rencontrent par l’entremise de Leo et Gertrude.
Le 18 avril, un terrible tremblement de terre secoue la ville de San Francisco. Dix jours plus tard, Michael et Sarah, accompagnés d’Allan, partent pour la Californie afin d’évaluer les dégâts subis par leurs propriétés locatives. Ils emportent plusieurs Matisse, notamment « Madame Matisse à la raie verte. »
Alice Toklas est l’une des nombreuses personnes à qui Michael et Sarah montrent ces oeuvres, qui sont les premières peintures de Matisse visibles sur le territoire américain.
Picasso peint les portraits de Leo Stein (1906), d’Allan Stein (1906) et achève celui de Gertrude Stein (1905-1906).
D’après Gertrude, Picasso répond à ceux qui critiquent le manque de ressemblance du portrait : « Elle finira par lui ressembler. »
Pour répondre aux nombreuses demandes de visites de leur collection, Leo et Gertrude décident de recevoir tous les samedis soir dans leur atelier.
1907
Alice Toklas et Harriet Lane Levy (1867-1950), une amie d’enfance de Sarah, arrivent en France. Dès son premier jour à Paris, le 9 septembre, Alice Toklas fait la connaissance de Gertrude, qui l’impressionne par « une certaine beauté physique et une puissance énorme, […] sa prestance, ses yeux magnifiques et sa voix incroyablement belle ».
1908
Matisse, encouragé par Sarah, ouvre une académie privée au couvent des Oiseaux de la rue de Sèvres, à Paris. Il commence en janvier avec une dizaine d’élèves, dont Sarah, Hans Purrmann (1880-1966), Max Weber (1881-1961) et Annette Rosenshine, qui écrira plus tard : « Les élèves du cours de Matisse, studieux au plus haut point, s’appliquaient de toutes leurs forces. […] Les jours où Matisse corrigeait leurs travaux, l’anxiété et la nervosité étaient à leur comble. »
1910
Alice Toklas accepte l’invitation de Gertrude à habiter au 27 rue de Fleurus.
1911
À l’automne, Gertrude achève « The Making of Americans », un roman de près de mille pages qu’elle considère comme son oeuvre majeure.
1914
Le 1er janvier, Hortense Moses écrit à Gertrude : « Mike m’apprend que Leo va habiter en Italie et que vous allez sans doute prendre un autre appartement. Ce sera difficile de vous imaginer ailleurs que dans cet atelier plein de charme. »
Le 3 avril, Leo quitte Paris pour la villa Di Doccia. « Je vais à Florence en candide de la vieille école, sans aucun Picasso, quasiment pas de Matisse, deux tableaux et quelques aquarelles de Cézanne seulement et seize Renoir, annonce-t-il la veille à Mabel Foote Weeks. Plutôt amusant comme bagage pour un meneur du grand combat moderne. Mais que voulez-vous. Le combat est déjà gagné et perdu. »
Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France.
Michael, Sarah et Allan, qui séjournent dans le Midi, apprennent que leurs dix-neuf Matisse prêtés pour l’exposition du mois précédent chez Fritz Gurlitt à Berlin sont confisqués.
1915
Le 27 avril, Leo prend un bateau à Gênes afin de retourner aux États-Unis. Bloqué sur place pendant la guerre faute de pouvoir obtenir un passeport, il rend visite à des parents et, suivant les conseils de Mabel Foote Weeks, s’installe à Taos où il achète une petite maison à l’été 1918 et poursuit des recherches sur les Pueblos du Nouveau-Mexique.
1919
Leo obtient enfin le renouvellement de son passeport et embarque le 11 novembre afin de retourner à Settignano.
1922
Gertrude rencontre André Masson et se lie d’amitié avec Ernest Hemingway. En 1925, Hemingway la présentera à F. Scott Fitzgerald.
1926
En mai, Alice coupe les cheveux de Gertrude à l’exemple de la femme de lettres Élisabeth de Gramont, duchesse de Clermont-Tonnerre (1875-1954), une habituée de la rue de Fleurus. Cette coiffure sera une marque d’identité de Gertrude.
Le 7 mai, Michael, Sarah et Gabrielle Colaço-Osorio (de Monzie) commandent à Le Corbusier les plans de la villa qu’ils veulent faire construire à Vaucresson.
1927
Le 27 août, Yvonne Stein met au monde Daniel Michael Stein (1927-2008), le petit-fils de Michael et Sarah.
1934
Le 8 février, le Wadsworth Atheneum de Hartford donne la première représentation de l’opéra de Virgil Thomson « Four Saints in Three Acts », sur un livret de Gertrude Stein.
Le 24 octobre, Gertrude et Alice débarquent à New York pour une tournée de conférences et un séjour prolongé jusqu’au 4 mai 1935.
Leur itinéraire passe par la Virginie, Chicago, où elles voient Thornton Wilder (1897-1975), et Oakland. Elles sont reçues à la Maison Blanche le 30 décembre et les éditions Random House publient le texte des conférences de Gertrude en 1935.
1935
Le 6 juillet, Michael, Sarah, leur petit-fils Daniel, Gabrielle et Jacqueline partent pour les États-Unis après avoir vendu la villa Les Terrasses.
1933
Gertrude publie à l’automne, chez Harcourt, Brace à New York, « The Autobiography of Alice B. Toklas », écrite en six semaines à Bilignin en 1932.
1938
Le 9 septembre, Michael meurt d’un cancer à l’âge de soixante-treize ans.
1944
Paris est libéré en août. Vers la mi-décembre, Gertrude et Alice retrouvent leur appartement de la rue Christine intact, y compris la collection de tableaux, sans doute grâce à la protection de leur ami Bernard Faÿ, qui a collaboré avec les nazis pendant l’Occupation
1946
Gertrude est opérée d’un cancer. Elle meurt à l’âge de soixante-douze ans à l’Hôpital américain de Neuilly, le 27 juillet. L’inhumation a lieu le 22 octobre au Père-Lachaise.
C’est Francis Rose qui a dessiné la tombe. Gertrude lègue son portrait par Picasso au Metropolitan Museum of Art de New York et le reste de sa collection à son neveu Allan, en réservant l’usufruit à Alice.
1947
Le 29 juillet, Leo meurt des suites d’une opération du cancer à l’âge de soixante-quinze ans.
1951
Allan meurt le 18 janvier à l’Hôpital américain de Neuilly, à l’âge de cinquante-cinq ans. Il lègue l’héritage de Gertrude à sa femme Roubina et à ses enfants.
1953
Sarah meurt le 15 septembre à San Francisco, à l’âge de quatre-vingt-trois ans.
1967
Alice Toklas meurt le 7 mars à Paris, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. Elle est inhumée dans la tombe de Gertrude au Père-Lachaise. Son nom est gravé au dos de la pierre tombale, conformément à ses dernières volontés.
1968
Un groupe d’administrateurs et de bienfaiteurs du Museum of Modern Art à New York se constitue en consortium pour acheter des oeuvres de la succession Gertrude Stein. Deux ans plus tard, le musée inaugure l’exposition « Four Americans in Paris : The Collections of Gertrude Stein and her Family », qui sera présentée ensuite au Baltimore Museum of Art, puis au San Francisco Museum of Art.






