Cima da Conegliano, Maître de la Renaissance vénitienne

D’où vient-il ?

Giovanni Battista Cima (1459-1460/1517-1518), parti de rien, vient d’une petite ville près de Venise, nommée Conegliano. De parents aisés (son père et son grand-père ont une fabrique de textile), on ne sait que peu de choses sur lui, il semble arrivé au sommet de son art en même temps qu’on le découvre !

C’est avec une date (1489), inscrite sur le retable qu’il peignit pour l’église San Bartolomeo à Vicence. qu’on peut dater un peu ses œuvres. Mais cette œuvre aboutie montre qu’à cette époque,il était déjà en pleine possession de ses moyens.

On ne sait pas auprès de quel Maître il a appris la peinture, on ne sait pratiquement rien, si ce n’est qu’il avait un talent considérable et qu’il était à Venise à l’époque où la concurrence était très rude (Bellini et Carpaccio entre autres). Mais ses œuvres témoignent pour lui !

L’exposition

Dans le cadre agréable du Musée du Luxembourg, on est accueilli par la Vue en perspective de la ville de Venise, de Jacopo de’ Barbari (1475 – av. 1516 ), à l’époque où Cima y vivait.

On voit tout de suite dans ses œuvres un grand raffinement, une finesse dans le dessin.

La force des couleurs, loin d’être pourtant saturées, mais au contraire très rompues, malgré les apparences, et l’harmonie avec laquelle elles sont placées, font de Cima un expert dans leur maniement.

L’utilisation de l’huile, qui n’en était pourtant qu’à ses débuts, prouve que Cima n’hésitait pas à utiliser des techniques nouvelles.

Et il y a aussi ce qu’il exprime. Par exemple dans la « Vierge à l’enfant » ci-dessous, on peut voir une chose originale et rare, à savoir l’expression particulière de l’enfant.

On a l’impression qu’il se prépare à une rude besogne (contrairement aux bébés généralement plutôt endormis et qui se préparent plus souvent à une rude sieste !).

Ses cheveux sont roux et assez longs, symbolisant la vitalité et l’action.

Vierge à l’Enfant (détail)
1490-1493, tempera à l’oeuf et huile sur bois, 66 x 57 cm Florence, Galleria degli Uffizi, Instituti museali della soprintendenza speciales per il pole museale Fiorentino © Archives Alinari, Florence, Dist. Service presse Réunion des musées nationaux – Grand Palais / Daniela Camilli

Ses dessins sont très minutieux. Voici ci-dessous un détail de Saint-Sébastien.

On voit l’extraordinaire maîtrise dans le traitement du dessin et de la couleur.

On voit aussi qu’il sait traduire les sentiments des personnages qu’il peint avec poésie et délicatesse.

Saint Sébastien (détail)
1500-1502, huile sur bois, 116,5 x 47 cm Strasbourg, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts de Strasbourg, photo M. Bertola

Un des tableaux dans lesquels on peut voir la précision du dessin et des couleurs est « L’Incrédulité de saint Thomas et l’évêque saint Magne » représentant la fameuse scène avec Thomas, après la résurrection de Jésus (celle-ci se passe en extérieur, alors que dans les évangiles, elle se passe à l’intérieur d’une maison, de façon à ce que le tableau soit rempli de lumière, symbolisant la foi).

L’Incrédulité de saint Thomas et l’évêque saint Magne
vers 1504 – 1505, huile sur bois, 215 x 151 cm Venise, Galleria dell’ Accademia © Soprintendenza speciale per il Polo Museale di Venezia, Galleria dell’Accademia

Voici un détail particulièrement éloquent, notamment sur le plan technique du dessin et de la peinture, ci-dessous :

L’Incrédulité de saint Thomas et l’évêque saint Magne (détail)
vers 1504 – 1505, huile sur bois, 215 x 151 cm Venise, Galleria dell’ Accademia © Soprintendenza speciale per il Polo Museale di Venezia, Galleria dell’Accademia

Pas seulement des tableaux religieux

Il interprète aussi les fables d’Ovide, et autres sujets « laïcs ».

On verra « Thésée se présentant à la cour de Minos avec la délégation athénienne » , tableau d’une grande richesse de détails et aussi, entre autres,« le sommeil d’Endymion » :

Le Sommeil d’Endymion
vers 1501, Huile sur bois, 24,8 x 25,4 cm Parme, Galleria Nazionale © Archives Alinari, Florence, Dist. Service presse Réunion des musées nationaux – Grand Palais / Georges Tatge

Belle exposition dans laquelle on ne trouvera « que » 28 œuvres de Cima, mais quelles œuvres !

Cette exposition s’est terminée le 15 juillet 2012 .


Du 5 avril au 15 juillet 2012

Musée du Luxembourg 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris

le 11 avril 2012
Pour marque-pages : Permaliens.

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