La crucifixion en rose d’Henry Miller

Henry Miller raconte ici la genèse de sa vocation d’écrivain, d’artiste.

Roman autobiographique, des faits réels s’entremêlant à des faits imaginaires.

Le véritable roman porte en fait sur sa femme Mona qui lui permet d’abandonner un métier stable pour avoir le temps d’engranger les matériaux nécessaires pour devenir écrivain.

Elle l’admire, elle est certaine qu’il a du talent, alors que presque tous ses amis en doutent.

Premier volet : Sexus

Comme le titre l’indique, ce roman est particulièrement émaillé de faits sexuels crûment détaillés.

Henry Miller

Il est marié et a une fille qui appelle « l’enfant » et pour laquelle il n’a aucun sentiment. Il laisse rapidement tomber cette vie trop peu en accord avec « la vie d’artiste ».

Il rencontre sa future épouse, Mona, qui travaille comme entraîneuse dans une boîte de nuit.

Il est « chef du personnel » dans une société de messagerie. Mais il délaisse de plus en plus ce travail, puisqu’il veut devenir écrivain.

Deuxième volet : Plexus (Un plexus (du latin plectere, entrelacer, tresser) est un terme savant pour désigner un réseau ou une structure réticulée. Littéralement, un “plexus” est un noeud d’entrelacements, d’enchevêtrements – wikipédia).

La suite de Sexus, avec des retours constants sur son passé, son enfance, il montre comment tout est intriqué, comment tout se mêle, au delà du temps.

Troisième volet : Nexus

(un terme médical désignant la fusion localisée des feuillets externes des membranes plasmiques entre deux cellules : wikipédia)

Henry Miller

Déménagements nombreux, irruption d’une amie de Mona dont le Henry Miller est visiblement jaloux, départ de Mona pour l’Europe avec son amie. Retour de Mona, rédaction du premier roman.

Se termine par le départ du couple pour l’Europe.

Logiquement et chronologiquement, c’est « Tropique du Cancer » qui suit puisque ce roman bien qu’ayant été écrit avant, se déroule, en fait, après puisqu’il s’agit de la vie complètement folle d’Henry Miller à Paris).

Quelques phrases, certaines convenant au peintre comme à l’écrivain, remplacez le mot écrivain par le mot peintre (d’ailleurs Henry Miller était aussi peintre) :

-  le véritable grand écrivain n’a nulle envie d’écrire.

-  le meilleur de l’art d’écrire, ce n’est pas le mal réel que l’on se donne pour accoler le mot au mot, pour entasser brique sur brique ; ce sont les préliminaires, le travail à la bêche que l’on fait en silence, en toutes circonstances, que ce soit dans le rêve ou à l’état de veille.

-  Un jour viendra où il sera au pouvoir de quiconque de rêver éveillé.

-  Qu’est-ce que le monde, si ce n’est cette chose que nous portons dans le coeur ?

-  Quand on en est à tâter sa force, à essayer de faire du neuf, l’ami le meilleur a tôt fait de se changer en traître.

-  la vie n’a d’autre but que d’être vécue.

-  Le travail est un genre d’activité dont le monopole revient de droit aux abrutis.

-  Accepter est un art, non pas un exploit égoïste de l’intellect. Et c’est par le canal de l’art que l’on finit par établir le contact avec le réel. Et là, tout est jeu et invention.

-  La peur, la peur à tête d’hydre qui rampe en chacun de nous, est un reliquat des formes inférieures de la vie.

-  Je voyais combien il était facile (…) de passer de la vie d’employé salarié, de bête de somme, d’esclave à celle d’artiste.

-  Dieu créa le monde et y entra : voilà le sens de la création

-  Sans doute est-il important de lire les classiques (…). Mais ce qui est plus précieux encore, pour un écrivain à tout le moins, c’est de lire tout ce qui tombe sous la main, de suivre son flair, pour ainsi dire.

-  Le salut n’est qu’un mythe. Qu’y a t-il à sauver ? Posez vous cette question !

Autres romans, autres phrases, cette fois tirées de « Tropique du Cancer », racontant ses aventures à Paris, à la fois rocambolesques et tragiques :

-  En France, on s’habitue à ne rien faire. On s’assied sur son dossier et on gémit tout le jour. On se contamine. On pourrit.

-  Ce dont un artiste a vraiment besoin, c’est de solitude.

-  Quand le Printemps arrive à Paris, le plus humble mortel a vraiment l’impression qu’il habite au Paradis !

-  Une poussée formidable vers la création, mais d’une incohérence absolue ((New York).

-  Aux USA, chaque individu est du bois dont on fait les Présidents. Ici (en France), c’est différent. Ici, chaque individu est potentiellement un zéro. (…) Mais c’est justement parce que les chances sont toutes contre vous, justement parce qu’il y a si peu d’espoir, que la vie est douce ici.

Tropique du Capricorne

Ce roman paru en 1939 est parfois assez difficile à lire, assez confus.

Nous frôlons parfois le délire total !

Quelques phrases intéressantes, à méditer :

-  Nous sommes beaucoup plus chargés de sens lorsque nous babillons comme l’enfant que lorsque nous nous comportons en monstres d’intelligence.

-  Je n’ai rien gagné à l’élargissement de ce monde ; j’y ai perdu. Ce que je veux, c’est élargir en moi l’enfant, dépasser l’enfance dans le sens opposé. Je veux que mon développement se poursuive dans le sens contraire à la normale.

-  Mon seul but dans la vie est d’approcher Dieu, c’est à dire d’arriver plus près de moi-même.

(Pourtant Henry Miller est connu (et reconnu) pour son athéisme).

le 9 septembre 2006
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