Le Douanier Rousseau à Orsay, pas si naïf…

Douanier Rousseau Portrait de Monsieur X 1906 hst“Rousseau est moins un naïf que le traducteur d’un langage séculaire”

André Malraux (Les Voix du silence)

Henri Rousseau, dit “le Douanier” naquit en 1844 à Laval. Il fut employé de l’Octroi avant de se lancer définitivement et tardivement dans la peinture qu’il apprit en autodidacte.

Le Musée d’Orsay nous présente une belle exposition avec 43 toiles du Douanier face à une quarantaine  d’autres peintres, comme Picasso ou Fernand Léger ou plus anciennes, datant du XVème siècle. Cette proximité est censée mettre en évidence un rapport entre elles (pas toujours évident). L’avantage est d’étoffer l’exposition en nous montrant de très belles oeuvres, comme ce Picasso mal éclairé  “la rue des Bois” datant de 1908 et dans différentes gammes de verts…

Le Douanier dit de lui même: “C’est après de bien dures épreuves qu’il arriva à se faire connaître de nombre d’artistes qui l’environnent. Il s’est perfectionné, de plus en plus, dans le genre original qu’il a adopté et est en passe de devenir l’un de nos meilleurs peintres réalistes“…

Bref, il n’est pas vraiment modeste et se considère même comme un grand peintre… Dans l’autoportrait ci-dessous, intitulé “Moi-même”, on voit qu’il s’est campé en personnage important, arborant même une décoration, sans doute les palmes académiques ! Sur sa palette figurent les noms de ses deux épouses, Clémence et Joséphine.

 

Douanier Rousseau - Moi-même portrait paysage 1889-1890, Prague

Douanier Rousseau – Moi-même portrait paysage 1889-1890, Prague

 

Les détails

Cela dit, il réalisa des oeuvres étonnantes, notamment ses “jungles” lui qui n’a jamais quitté Paris de toute sa vie de peintre (en fait, il prenait modèle sur le Jardin des Plantes !)

Mais ce qui est surprenant, ce sont les détails, les feuilles ou les fleurs exotiques répétées jusqu’à plus soif, montrant par là son côté un peu obsessionnel. Il y a aussi des détails plus ou moins cachés dans l’enchevêtrement des feuillages, et les herbes semblent peintes une par une, avec un pinceau très fin ! A remarquer l’antilope

Douanier Rousseau – Le lion ayant faim se jette sur l'antilope 1898-1905 hst, Bâle

Douanier Rousseau – Le lion ayant faim se jette sur l’antilope 1898-1905 hst, Bâle

 

Les enfants

Deux toiles du Douanier sont à cette exposition, assez effrayantes d’ailleurs. Il s’agit d’enfants semblant angoissés et physiquement monstrueux, tel ‘l’enfant à la poupée” ci-dessous. La poupée est elle même monstrueuse…

Douanier Rousseau - L'enfant à la poupée - Musée de l'Orangerie

Douanier Rousseau – L’enfant à la poupée – Musée de l’Orangerie

 

Le Douanier finira dans la misère, mort d’une gangrène en 1910, enterré dans la fosse commune du cimetière de Bagneux.

Une grande exposition !

Au musée d’Orsay à Paris 1 Rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris

22 mars – 17 juillet 2016

 

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