Renoir au Grand-Palais jusqu’au 4 janvier 2010
Le Grand-Palais nous propose une exposition « Renoir » du 23 septembre 2009 au 4 janvier 2010, intitulée « Renoir au XXème siècle ».
C’est bien, c’est beau, c’est Renoir. Et Renoir avait trouvé son style définitif bien avant 1900 !
Alors pourquoi « le XXème siècle » alors que Renoir, né en 1841, a une oeuvre considérable derrière lui quand commence le nouveau siècle, qu’il a fait « la danse à la campagne », les »Jeunes filles au piano » et tant d’autres chefs-d’oeuvre ?
Son oeuvre, parait-il, amorce un tournant autour de 1900. Pour preuve, il disait toujours qu’il commençait une nouvelle manière et « qu’il commençait à comprendre »…
En fait, Renoir a toujours fait du Renoir, chefs-d’oeuvre ou tableaux ratés, ce qui est inévitable quand on ne laisse pas un seul jour dans sa vie sans peindre ou dessiner !
Ici, ils ont inventé une théorie assez étrange (il faut bien un thème pour faire une expo !) à savoir que Renoir a trouvé son apogée au XXème siècle ! Ils prennent la précaution de nous prévenir toutefois que c’est en 1880 que Renoir a connu une « cassure » dans son style (ça laisse une marge !) et ne présente aucun risque puisque Renoir l’a dit lui même. Cependant, le façon qu’il a de se dévaloriser à partir de 1880 (et par période) fait plus penser à une forme de dépression, qu’à un changement dans sa façon de peindre.
Et nous commençons l’expo par des tableaux du XIXème, notamment la « Danse à la ville » et la « Danse à la campagne » de 1882 :
Plus loin, nous verrons les « Jeunes filles au piano » de 1892, plein de douceur et d’harmonie :
Renoir ne sait pas dessiner mais il dessine bien !
Le « Nu assis » de 1890 est présenté parmi plusieurs dessins, ébauches, pastels (où l’on verra en exergue une curieuse phrase de Gauguin qui a dit, à propos de Renoir, « Un peintre qui n’a jamais su dessiner, mais qui dessine bien » ( !) :
Or, il est évident que Renoir savait dessiner, même si l’ensemble de sa production n’est pas toujours irréprochable sur ce plan…
Prenons par exemple un de ses tableaux (qui ne figure pas à cette expo), le portrait très classique et parfait sur le plan du dessin, de mademoiselle Romaine Lacaux, réalisé par Renoir à l’âge de 23 ans :
Et les exemples ne manquent pas !
Certes, Renoir a dit qu’il était allé au bout de l’impressionnisme, mais il ne faut pas oublier que Renoir a dit tout et son contraire, ce qui est d’ailleurs normal, tout dépendait de l’instant, du tableau qu’il était en train de peindre…
Les paysages
Les paysages de la période purement impressionniste sont nettement plus beaux. Par exemple, si nous regardons « Femme avec un parasol dans un jardin » :
Les couleurs sont harmonieuses et belles, profondes, alors que dans sa période « XXème siècle », l’herbe est souvent formée d’un mélange de traits verts et rouge, très dilué, qui donne un aspect légèrement rose-marron ! Comme dans « Les vignes à Cagnes » ci-dessous :
et dont voici un détail qui montre la légèreté de la couche de peinture (on aperçoit bien la trame du tableau) :
Le « testament »
Le testament pictural de Renoir serait le tableau ci-dessous, appelé « Les baigneuses », l’aboutissement de sa technique, ce qui me semble assez discutable :
surtout si on le compare à ses « baigneuses » antérieures !
La sculpture
Renoir a aussi pratiqué la sculpture, à l’instigation de son marchand, Ambroise Vollard, aidé d’un jeune sculpteur, Richard Guino (Renoir, souffrant d’arthrite, n’avait plus la force nécessaire pour sculpter). Certaines sont exposées ici.
Une occasion unique
Quoiqu’il en soit, nous avons là une très belle exposition qu’il serait dommage de manquer, la RMN ayant réuni là une collection de chefs-d’oeuvre, habituellement disséminés aux quatre coins du monde et que nous ne pourrons pas revoir de si tôt !



