Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel

Un titre étrange pour une exposition qui ne l’est pas moins !

Mais ce musée est magnifique et l’exposition très agréable. On est baigné dans un univers de beauté au milieu des peintures de Jean-Jacques Henner, dans ce bel hôtel particulier du XVIIème arrondissement de Paris.

L’exposition, comme on pourrait s’en douter, est axée sur la rousseur, mais plus généralement la rousseur chez les humains et plus particulièrement chez les femmes.

La rousseur,  couleur de cheveux qui représente 1 à 2 pour cent de la population, rend le roux original et assez remarquable,  même si on lui prête des caractéristiques plus ou moins diaboliques !

Un petit film nous est proposé dès l’entrée, dans un jardin d’hiver, sur le thème des rousses et des légendes qui les concernent, plus ou moins bienveillantes d’ailleurs…

Ce musée, avec de petites pièces et plusieurs escaliers en bois, se prête bien à des expositions intimistes comme celle-ci.

Elle est quasiment insérée dans les collections, ce qui est un parti pris assez curieux, mais intéressant.

On peut y voir de nombreuses œuvres de Jean-Jacques Henner (1829-1905), mais aussi un petit Renoir et des Carolus-Duran.

Comme on peut le remarquer notamment avec la palette de Jean-Jacques Henner ci-dessous (rien ne vaut de regarder la palette des peintres pour comprendre les couleurs utilisées),  il y a dans ses tableaux principalement des couleurs “terre” , des ocres rouges et jaunes, de la terre d’ombre, et un certain bleu bien particulier, un bleu clair obtenu sans doute avec un bleu de prusse et du blanc :

Ci-dessous un petit diaporama montrant divers lieux de l’exposition :

 

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Il y a aussi des dessins de Jean-Paul Gaultier, Jean-Charles de Castelbajac, des tenues de Sonia Rykiel, etc.

Et saviez vous que Tintin était roux ?  Enfin, plutôt blond-roux !   

A voir ! vous avez jusqu’au 20 mai 2019.

Jean-Jacques Henner, repères biographiques

Une jeunesse en Alsace
5 mars 1829 Naissance de Jean-Jacques Henner à Bernwiller, dans le sud de l’Alsace, de parents cultivateurs.
1841-1855 Le talent de Henner est d’abord remarqué par Charles Goutzwiller, son professeur de dessin au collège d’Altkirch ; il suivra ses cours de 1841 à 1844 puis ceux de Gabriel Guérin à Strasbourg, de 1844 à 1846. Grâce à l’aide financière du Conseil général du Haut-Rhin, il poursuit ses études à Paris de 1846 à 1855, à l’École des Beaux-Arts et dans les ateliers de Drolling et de Picot. Henner y reçoit une formation traditionnelle qu’il complète par une fréquentation assidue des musées. Il est surtout influencé par la peinture de la Renaissance italienne, notamment par Titien, Raphaël et Corrège. Il apprécie également Holbein, dont il connait Le Christ mort du musée de Bâle, et les peintres français de la première moitié du xlxe siècle comme Ingres, Prud’hon et Corot.
1856-1857 Revient en Alsace. Peint des portraits de commande. Le Prix de Rome et le séjour à la Villa Médicis
1858 Après deux échecs, il remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec Adam et Ève trouvant le corps d’Abel. Ce succès lui permet de séjourner cinq ans à Rome, de 1859 à 1864, à la Villa Médicis. Il s’inspire de son nouveau cadre de vie avec, en 1860, Rome, terrasse de la Villa Médicis, son seul paysage « italien » de grand format. Le peintre visite Rome, Florence, Venise, Naples… Il y admire les oeuvres de l’Antiquité et de la Renaissance italienne conservées dans les musées mais découvre aussi un pays qui le charme par la beauté de ses paysages et le pittoresque de sa vie quotidienne. Arrivé à Rome comme peintre d’histoire, il peint de nombreuses scènes de genre et de lumineux petits paysages.
Une carrière officielle
1867 Jean-Jacques Henner revient à Paris et s’installe dans l’atelier du 11 place Pigalle. À son retour de Rome, le peintre s’oriente provisoirement vers un naturalisme dont témoigne La Femme couchée dite La Femme au divan noir qu’il présente au Salon de 1869.
1871 Annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Empire Allemand. Jean-Jacques Henner opte pour la nationalité française et conserve des liens forts avec sa région d’origine où il retourne chaque année. Il peint L’Alsace. “Elle attend”, une commande d’épouses d’industriels de Thann, faite à l’initiative d’Eugénie Kestner pour l’offrir à Gambetta. Le peintre devient, à partir des années 1870, un artiste à succès et un portraitiste recherché.
1872 Expose au Salon Idylle.
1873 Promu Chevalier de la Légion d’Honneur.
1874 Ouvre avec Carolus-Duran l’Atelier des Dames et expose au Salon Le Portrait de Mme*** dit “La Femme au parapluie”.
1877 Peint Les Naïades, pour la salle à manger de Mr et Mme Soyer, 43 faubourg Saint-Honoré.
1878 Promu Officier de la Légion d’Honneur. Il expose au salon “La Magdeleine”. Jules Claretie publie la première monographie consacrée à Henner.
1879 Expose au Salon Eglogue.
1880 Peint Andromède pour les Raffalovitch et expose au Salon La Fontaine.
1881-1885 Expose au Salon Saint-Jérôme et La Source, puis “La Femme qui lit”, dit “La Liseuse” en 1883, La Nymphe qui pleure en 1884, Madeleine et Fabiola en 1885.
1887-1888 Il expose sa célèbre Hérodiade et Saint-Sébastien (1888).
1889 Est élu membre de l’Institut, au siège de Cabanel à l’ Académie des Beaux-Arts.
1903 Promu Grand Officier de la Légion d’honneur. Pour sa dernière participation au Salon, il expose Nymphe endormie. Il reçoit peu de commandes en dehors de “La Vérité” (toile aujourd’hui disparue) pour la Sorbonne mais plusieurs de ses oeuvres sont achetées par l’État pour être exposées au musée du Luxembourg, alors consacré aux artistes vivants, ou envoyées dans les grands musées en région.
23 juillet 1905 Jean-Jacques Henner s’éteint à son domicile, 41 rue La Bruyère, Paris 9e. Il est enterré au cimetière Montmartre.
Après sa mort
1906 Ouverture d’une salle Henner au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris avec une trentaine d’oeuvres offertes pour la plupart par Jules Henner, neveu de l’artiste.
1907 Première rétrospective de l’oeuvre de Jean-Jacques Henner à Paris, au Cercle Volney.
1921 Marie Henner, veuve de Jules, achète l’hôtel particulier du 43 avenue de Villers aux héritiers de Guillaume Dubufe.
1923 Donation par Marie Henner à l’État français de l’hôtel particulier pour en faire un musée, de quatre cent quarante peintures ainsi que des meubles et objets ayant appartenu au peintre.
1924 Le Musée ouvre ses portes au public.
27 août 1926 L’État français accepte la donation.

Musée national Jean-Jacques Henner 43, avenue de Villiers 75017 Paris

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