Berthe Morisot – Le secret de la femme en noir

Ne soyez pas alléchés par le sous-titre du livre, nulle énigme policière ne vous sera narrée. Ce secret n’a d’ailleurs qu’un intérêt infime dans cette biographie. Pas de scoop donc, mais l’histoire de Berthe Morisot, artiste peintre, femme au milieu des hommes artistes peintres. Au fil des pages elle se construit comme une véritable artiste : la peinture pour elle n’est pas le simple passe temps d’une demoiselle bourgeoise. Elle la vie comme une partie d’elle-même.

Sa première chance est sa mère, femme a l’esprit ouvert en cette deuxième moitié du XIXème siècle, qui l’accompagne (ainsi que sa soeur Edma) à ses cours. Berthe prend très au sérieux sa peinture : elle se rend au Louvre, comme beaucoup, pour y exercer son pinceau et y fera des rencontres qui deviendront prestigieuses, dont Manet.

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Georges Rouault, les chefs-d’oeuvre de la collection Idemitsu

Cette exposition se tient actuellement et jusqu’au 15 janvier 2009 à la Pinacothèque de Paris.

Elle est constituée d’oeuvres du peintre Georges Rouault provenant d’une partie de la collection Idemitsu au Japon.

Idemitsu est un riche industriel japonais (Idemitsu Petroleum) qui a consacré une partie de sa fortune à l’achat d’oeuvres d’art qu’il a déposées dans ses musées. Ses enfants ont pris la suite.

L’exposition permet de voir 70 oeuvres, dont les thèmes principaux, sont le Christ, les petites gens, le cirque, avec aussi des paysages et une nature morte (fleurs au vase jaune, très belle).

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« Le chasseur de têtes » de Timothy Findley

Le type même du faux bon livre.

On se croit plongés dans l’univers effrayant et fascinant de la schizophrénie, avec le personnage central, Lilah Kemp, qui croit avoir fait sortir un personnage de son livre, « Au coeur des ténèbres » de Joseph Conrad (de la page 181 pour être précis) et qui voit les escadrons M et les têtes de cuir envahir les rues, la sturnucémie gagner du terrain, jusqu’à ce qu’on apprenne, arrivé aux 2/3 du livre, que toutes ces choses folles sont bien réelles, une sorte de remake d’une théorie déjà lue sur l’apparition du sida… avec une expérience ratée dans un labo qui donne naissance à un virus très méchant.

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« Le rêve Botticelli » de Sophie Chauveau

Ce livre est le roman de la vie d’Alessandro Botticelli (1406 -1510). Il fait partie d’une trilogie (« le siècle de Florence ») et se situe entre « La passion Lippi » et « l’obsession Vinci ».

L’histoire commence la veille du succès qu’obtiendra Botticelli avec son San Sebastian, et se termine, non par sa mort, mais par disons…une certaine oisiveté.

Au cours de la lecture, nous voyons Botticelli prendre peu à peu toute sa place d’artiste renommé de son vivant au sein de la ville toscane. L’auteur, au style et à l’expression modernes parfois un peu déroutants, nous le rend plus proche. Nous sommes dans son quotidien, dans son intimité : sa vie d’homme, de famille, sa vie amoureuse…Nous compatissons à ses mélancolies, ses doutes, ses peines, et nous nous réjouissons de ses victoires et de son esprit parfois farceur.

Mais c’est aussi la ville grouillante de Florence de cette époque qui s’agite sous nos yeux avec ses déviances, ses excès, courant vers un destin forcément funeste. L’Histoire sert de toile de fond : nous assistons à la pression fiscale des Médicis sur le peuple, à des complots, des assassinats politiques, à l’arrivée de Savonarole et de ses groupes d’enfants délateurs et exécuteurs qui sèment l’effroi et l’horreur. Et puis, il y a la visiteuse et son cortège d’abjections : la Peste, qui hisse Savonarole (dont la conduite est exemplaire pendant l’épidémie) au sommet de la terreur. Les artistes qui représentent les corps nus ou des futilités, sont pourchassés. Les oeuvres impies sont brûlées sur le « bûcher des vanités ».

Au milieu de cette tourmente, Botticelli peint. Il prend faiblement position et finit par fuir la ville en payant très cher ses choix artistiques. On voir naître ses oeuvres sous nos yeux : la main du peintre crée San Sebastian (qui figure Filippino Lippi), le Printemps (commande de Lorenzo de Médicis pour son mariage avec Semiramide), la Naissance de Vénus ( qui a les traits de Sandra Lippi) , l’Abandonnée (destin de Florence)…

Sur le roman plane sans cesse le souvenir des anciens : Filippo Lippi, Giotto, l’Angelico, Massaccio… On y croise aussi la famille Vespucci, Franscesco Gicondo et son épouse Lisa, le poète Policien, Filippino Lippi… A la fin, de jeunes artistes font leur entrée : le mal-aimable Michel Angelo, Raphaël…

Muriel Marhic

« Le rêve Botticelli » de Sophie Chauveau éditions Telemaque

VOIR EN LIGNE : Site de Muriel Marhic

Picasso et les maîtres au Grand Palais

du 8 octobre 2008 au 2 février 2009

Exposition grandiose mais paradoxalement intimiste au Grand Palais à Paris jusqu’au 2 février 2009, qui permettra sans doute, entre autre, de mieux comprendre la démarche de Picasso.

Avec plus de 200 oeuvres (dont une majorité de Picasso), la Rmn nous donne une occasion unique de les voir réunies (elles sont dispersées un peu partout dans le monde et pas uniquement au musée Picasso !).

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